L'Ecole Freudienne

 


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Docteur Solange Faladé.


Solange Adélola Faladé née au Dahomey après la première guerre mondiale, fait ses études de médecine à Paris dans les années cinquante, y rencontre Jacques Lacan en 1952.
Elle décède
 le 22 juin 2004 et repose aujourd'hui dans sa terre natale, le Bénin.


Hommage à Madame Faladé.
Jean Thiriat

Le lecteur trouvera ici l'hommage prononcé par le président de l'Ecole Freudienne devant ses membres lors des journées parisiennes de l'Ecole le 03 juillet 2004.
 

"Nous voilà donc à un moment difficile que nous redoutions tous. Les absences répétées de Madame Faladé à nos différents rendez-vous institutionnels parisiens et provinciaux étaient jusqu'à aujourd'hui compensées par des rencontres personnelles avec elle et par sa toujours grande présence dans les décisions concernant l'Ecole, cette école qu'elle avait fondée en 1983 avec certains d'entre nous, qu'elle nous lègue et qui nous réunit. "

"Ce que nous vivons actuellement s'inscrit comme un moment particulier dans un processus de transmission de la psychanalyse, entrepris, lui, depuis bien longtemps par Madame Faladé non sans de multiples interrogations sur ce que doit être véritablement cette transmission. Ces interrogations faisaient partie de cette transmission et de ce qui participait de la fondation de cette école au sein de laquelle s'est créé un vrai transfert de travail qu'il nous appartient maintenant de maintenir, pour, dans notre confrontation permanente à la théorie et à la pratique, continuer chacun à avancer avec l'aide des échanges dialectiques que ce transfert doit permettre entre nous."

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"S'il est vrai que, comme l'a écrit Voltaire, "'on doit des égards aux vivants, et qu'on ne doit aux morts que la vérité" , je crois ne rien trahir de cette vérité en disant que l'Ecole Freudienne n'est pas bien sûr notre seul lien avec Madame Faladé. Il en est au moins deux autres.

Le premier de ces deux liens est la façon dont notre rapport à la théorie analytique particulier à chacun de nous est intimement lié à ce que Madame Faladé nous a livré de sa propre lecture de Freud et Lacan, un rapport aux textes fondateurs, rigoureux, exigeant, et cependant sans tabou ni fuite devant les questions posées par ces textes.
Madame Faladé a su pour nous toujours faire part de sa lecture détaillée, attentive, de certains points difficiles avec un grand souci didactique de clarté, qu'elle apportait souvent avec un éclairage clinique précieux. Elle était en cela, déjà, des plus fidèles aux démarches lacanienne et freudienne. Avec ses éclairages, ce fut aussi toute une façon d'aborder ces textes qu'elle nous apportait, une méthode, voire peut-être une éthique. Cette aide était en même temps un encouragement, une invitation même à se confronter soi-même directement aux textes freudiens et lacaniens.

Cet enseignement rigoureux et non rigide, dialectique, didactique et clinique nous aide et continuera certainement de nous aider toujours autant auprès de nos patients que dans notre rapport à la théorie et il nous appartiendra d'en faire bénéficier d'autres en le transmettant de notre mieux.

Madame Faladé était une formidable lectrice et elle nous a enseigné cette lecture. Il était passionnant aussi de l'entendre évoquer les difficultés qu'il y avait eu parfois pour ceux qui comme elle, avant d'être lecteur de Lacan en avaient été auditeurs, et de l'écouter décrire des scènes ou des exemples cliniques de l'enseignement de Lacan auquels il lui avait été donné d'assister.
Avec elle disparaît donc un témoin irremplaçable de l'histoire récente de la psychanalyse en France. De sa mémoire prodigieuse des faits et des textes elle nous a fait profiter en posant si bien pour nous les repères nous permettant de saisir la chronologie, et la portée des avancées successives de l'oeuvre lacanienne et freudienne.
Il est encore un autre lien bien plus intime avec Madame Faladé, celui si particulier qui unit beaucoup d'entre nous de façon si personnelle à celle qui fut leur analyste. Avec Madame Faladé, c'est une partie de leur vie et d'eux-mêmes qui s'en va. Mais avec elle s'est construit, pour chacun d'eux, quelque chose de définitivement et infiniment précieux."
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Hommage à Madame Faladé.
Marie Lise Lauth

Le lecteur trouvera ici l'hommage prononcé par Marie Lise Lauth le 24 septembre 2004 à  la Sorbonne au colloque " L'incidence des discours " . Le discours du psychanalyste et les autres.



Notre propos est de vous faire découvrir comment l'enseignement de Solange Faladé rend compte d'un savoir qui est celui du discours de l'analyste en position de vérité. Il avait été prévu qu'elle vienne elle-même parler de son ouvrage:" Clinique des névroses" dans le cadre du Centre de Recherche en psychanalyse et écritures, mais elle nous a quittés le 22 juin 2004.

C'est une grande perte pour le mouvement analytique et tous ceux qui l'ont connue. Particulièrement pour ceux qui ont été ou étaient en analyse ou en contrôle avec elle, pour tous ceux qui venaient écouter son séminaire. La chaleur et la rigueur étaient ce qui la caractérisait, deux qualités essentielles pour un analyste et l'on sait que la rigueur est une rampe parfois difficile à tenir.
Solange Faladé était originaire du Bénin. Elle était médecin, psychanalyste, et elle a été aussi chercheur au C.N.R.S. en ethnologie et en anthropologie, chargée par le professeur Robert Debré de  missions au Sénégal, elle a travaillé pour l'O.M.S.
Elle a rencontré Lacan en 1952 dans le cadre de ce qui était alors la Société française de Psychanalyse. Elle a donc assisté à l'élaboration des concepts de Lacan depuis le début.
En plus de sa formation avec Lacan, Faladé nous a souvent évoqué ce qu'elle avait appris lors de ses contrôles avec Françoise Dolto ou auprès de Jenny Aubry-Roudinesco dont elle suivait la consultation au Centre de la rue Parent de Rosan, lieu d'accueil pour des enfants placés en raison de carence de soins maternels.

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Les liens de Faladé avec Lacan se sont renforcés, lorsqu'à sa demande, elle s'est rendue à Londres en 1963 au pré-congrès de Stockholm. Moment difficile pour Lacan qui tentait d'expliquer la division du sujet et l'objet a . Faladé s'est retrouvée seule à ses côtés après son exclusion de l'I.P.A.
Et puis Lacan a fondé son école.
Solange Faladé a eu une place marquante dans l'École Freudienne de Paris. Elle a été membre du Bureau et du Directoire pendant treize ans, de 1967 à 1980. Elle était Trésorière de l'E.F.P.,  tâche ô combien difficile au moment de la dissolution de cette  école. Elle était membre  du jury d'accueil et a vécu la mise en place de la procédure de la Passe entre 1967 et 1969 . Elle a animé certains congrès et des journées de l'E.F.P.
En 1983 après la dissolution de l’E.F.P et l'expérience du C.E.R.F.,  Solange Faladé a pris la décision de fonder l'École Freudienne dont elle a assumé la direction jusqu'à sa mort.
Je voudrais vous parler de son séminaire. Je l’ai suivi depuis 1977 , à savoir l'année  où elle a entrepris, à l'incitation de Lacan, de traiter de la sexualité féminine. Elle a commencé ainsi: Puisque "rien ne peut se dire de la femme", c'est à la femme hystérique que nous nous adresserons pour, à partir  de quelques textes de Freud, d'Hélène Deutsch etc...tenter de les poser, ( elle pensait au tableau des formules de la sexuation ). Cela m'a entraînée à faire la traduction de textes encore inédits et même à aller rencontrer en sa compagnie Jeanne Lampl. De Groot à Amsterdam en 1983. Moment inoubliable pour moi que cet échange entre deux grandes dames de l'analyse, l'une qui a si bien  connu Freud et l'autre si bien connu Lacan. J'ai envie de vous en dire quelques mots car il s'agit là des avatars du savoir insu à travers l'histoire de la psychanalyse.

Jeanne Lampl. De Groot nous a parlé de sa cure chez Freud. Elle nous a aussi évoqué ses souvenirs d'Abraham, hélas mort si jeune, de Ruth Mac-Brunswick, d'Hélène Deutsch qu'elle a si bien connus. Elle a été l'amie intime d'Anna Freud jusqu’à sa mort. Elle se souvenait aussi de Mélanie Klein qui travaillait à Berlin avec les enfants d'une façon "extraordinaire" nous a-t-elle dit. Faladé lui a alors demandé si elle savait ce que Freud en pensait. "Oui, il a rejeté ses théories mais il admettait sa pratique". Lampl. De Groot nous a dit avoir assisté au cours de son existence à 16 congrès de psychanalyse. Alors Faladé lui a demandé si elle était au pré-congrès de Stockholm à Londres en 63, "Oh. non" a-t-elle répondu, "je ne supportais pas ces luttes sauvages entre analystes. " Cet entretien avec une pionnière qui avait alors 88  ans représentait une passerelle entre les générations et une ouverture au delà des conflits  si l'on se souvient que Jeanne Lampl. De Groot  a fait partie de la commission chargée de surveiller la pratique de Lacan. Elle nous a dit en riant qu'elle n'aurait jamais pensé avoir son nom à coté de celui de Lacan dans un ouvrage sur la sexualité féminine,  nous étions venues lui demander l'autorisation de publier quelques uns de ses articles.

Solange Faladé a donc tenu son séminaire dans son École jusqu'en 2002. Ayant été témoin des discussions qui ont jalonné le mouvement analytique, elle représentait une mémoire de l'avancée de Lacan. Elle ne se cantonnait pas à une seule période de son élaboration, mais nous faisait part des hésitations et des remaniements d'un savoir ouvert aux sciences de son temps. Tout au début, Lacan ne faisait pas la distinction entre le Je et le Moi. Nous n'avons pas tout de suite entendu parler du sujet de la parole.

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C'est seulement vers les années 50 que la question du sujet s'est imposée pour définir ce sujet comme représenté par un signifiant auprès d'un autre signifiant. Elle nous disait par exemple que dans les premières années, Lacan ne barrait pas le sujet ( voir le schéma L).

Elle évoquait ce mois de novembre 1957  où pour la première fois il a tracé son graphe en y inscrivant:S( barré), Lacan se séparait alors de Saussure. Elle se souvenait du retentissement qu'a eu l'apport de Lacan avec sa Direction de la Cure au colloque de Royaumont. Elle se rappelait de Lacan découvrant Jakobson l'année du séminaire sur les Psychoses. De son pas de "sénateur" qui  la caractérisait, nous disait-elle, elle reprenait les choses "élément par élément".

Combien de fois n'a-t-elle pas commenté "le fantasme fondamental" pour faire saisir à ceux qui prenaient le train en route comment on peut concevoir l'émergence du sujet. Inlassablement, elle inscrivait au tableau le graphe de l'infans qu'elle affectionnait particulièrement, c'était pour nous rendre sensibles à ce qui se joue pour le petit d'homme quand il choit dans un monde où le langage lui pré-existe, langage qu'il va recevoir de l'Autre. Ce graphe a été amené par Lacan au début de l'année de son séminaire sur le désir et son interprétation. Elle avait d'ailleurs entrepris tout un travail sur les graphes avec son amie Irène Roublef.

Solange Faladé parlait toujours sans notes, elle avançait au rythme de ses auditeurs répondant aux questions soulevées lors des réunions du samedi à Sainte Anne ou par des analystes en  contrôle avec elle. Nous ne sommes pas près d'oublier comme elle a pu, nous faire revivre avec son humour  les célèbres cas d'hystérie... Dora ou Lucy R qu'elle aimait tant, ni près d'oublier avec quelle minutie elle nous relatait les douloureuses péripéties de l'Homme-aux-rats, toutes ces observations, elle les connaissait par cœur.

Elle ne parlait pratiquement jamais de ses propres cas mais, pour nous faire comprendre les types de structure, avec la richesse de son expérience, elle se servait des cas de Freud d'une façon telle que chacun pouvait y retrouver les aléas de son histoire livrés sur le divan. Il lui arrivait aussi, pour nous faire saisir comment un psychotique ne peut cerner le sens, de se servir de cas présentés par  Lacan à Sainte-Anne, je pense à celui qui se nommait "Le fils du parisien libéré".
Pour vous dire à quel point l'enseignement de Faladé était enraciné dans une tradition orale il faut se souvenir qu'avant 1966 aucun écrit de Lacan n'était encore publié au Seuil, ses élèves devaient se contenter de sténotypies, ce n'est qu'en 1962 qu'elle a pu obtenir de Lacan, et encore avec beaucoup de difficultés, nous  a-t-elle dit,d'enregistrer son séminaire sur un magnétophone, le sien, qui pesait très lourd à l'époque.
Je vais terminer par cette citation entendue au cours d'un de ses séminaires en 1994 : "Celui qui veut enseigner un discours qui concernerait la transmission de la psychanalyse, a une certaine responsabilité. Cela ne peut pas se passer comme pour tous  les  autres discours. Il faut répéter, marteler, et c'est bien ce que Lacan, année après année, je dirais même séance après séance, a fait pour nous. Il en va comme dans la cure, où le retour permet que les choses soient dites autrement. "
Alors une première transcription du séminaire de Solange  Faladé est parue en 2003 chez Anthropos et nous espérons que deux autres suivront : Le Moi et la Question du Sujet et puis : Autour de la Chose, année où elle avait abordé la clinique de la Chose.
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Avec Solange Faladé.
Robert Samacher et Bernard Mary.


Solange Faladé a su tenir sa place de psychanalyste jusqu'au terme de sa vie. Malgré les souffrances qu'elle endurait, elle restait présente, disponible et à l'écoute de ses analysants, elle continuait à les recevoir ainsi que tous ceux qui la sollicitaient dès lors que leur demande était justifiée et concernait la psychanalyse. Directrice de l'École Freudienne qu'elle fonda en 1983, elle était particulièrement attentive à ce que l'esprit et la lettre des enseignements de Freud et de Lacan ne fussent jamais trahis. Elle refusait toutes les compromissions et tous les enjeux de pouvoir allant à l'encontre de l'éthique de la psychanalyse. Lorsqu'on est psychanalyste, ne pas céder sur son désir et sur la position à tenir, signifie le refus de la brillance et de la facilité qui répondent aux modèles et à l'idéologie du moment. Pour ceux qui ne connaissaient pas Solange Faladé, le premier contact pouvait paraître austère, sans compromission. Mais lorsque l'on prenait le temps de découvrir Solange Faladé psychanalyste, on ne pouvait qu'apprécier l'écoute précise et intransigeante, le mot juste même s'il dérangeait, son regard et son sourire indescriptibles comme soutien et encouragement à continuer. Elle apportait chaque fois dans ses Séminaires une nouvelle lecture de Freud et de Lacan, donnant aux textes un éclairage nouveau, n'hésitant pas à qualifier son travail de scolaire, revenant sur ses élaborations pour tenter de mieux les préciser, pour mieux nous faire pénétrer dans la. pensée de Freud ou de Lacan, approfondissant ainsi le sillon, elle travaillait parfois jusqu'à épuisement. Sa principale préoccupation était de mener à bien sa tâche au sein de l'École Freudienne afin que ses élèves puissent perpétuer après elle, dans le même esprit, les enseignements de Freud et de Lacan sans les trahir.

 

Solange Faladé a laissé peu d'éléments bibliographiques personnels. C'est en particulier, lors de son intervention à la Martinique devant Aimé Césaire en 1995, qu'elle s'est située dans sa filiation africaine. Originaire du Dahomey, devenu le Bénin, c'est dans son pays d'origine qu'elle a manifesté le désir de reposer dans la tombe familiale, près de ses ancêtres et de son père. La préface de Bernard Mary dans l'ouvrage de Solange Faladé, La clinique des névroses, rappelle les principaux repères biographiques permettant de suivre le cheminement de Solange Faladé.

Elle a été élève de Jacques Lacan dès 1952 et l'a suivi fidèlement dans ses élaborations jusqu'au moment de la dissolution de l'École Freudienne de Paris (EFP) en 1980.

Comme le souligne Bernard Mary, « de ce fait, elle occupe une position privilégiée dans le mouvement psychanalytique "lacanien" et représente, à plusieurs titres une mémoire ». Présente à l'ensemble des Séminaires de Lacan dès 1953, elle a suivi le pas à pas du retour à Freud, l'évolution des concepts ainsi que les effets de ces élaborations sur la clinique psychanalytique.

Lors de ses propres Séminaires, Solange Faladé reprenait ce même chemin, restituant le travail que Lacan effectuait d'un Séminaire à l'autre pour dégager le tranchant de la pensée freudienne, apportant ses propres articulations, les éclaircissements nécessaires, pour que cette pensée soit accessible aux participants, n'hésitant pas à répéter, à redire autrement, pour que, ce qu'elle apportait puisse être entendu.

Ainsi, elle a pu rendre compte « d'un savoir qui ne se ferme pas, qui laisse place aux hésitations, aux remaniements nécessaires, bref d'un savoir qui est celui du discours analytique, mis en position de vérité. Pour cela, Solange Faladé, élève de Lacan est freudienne » écrit Bernard Mary.

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Par ailleurs, Solange Faladé a vécu des moments importants du mouvement psychanalytique : l'exclusion de Lacan par l'IPA (Association Psychanalytique Internationale) (1963-1964), la fin de la SFP (Société Française de Psychanalyse), la fondation de l'EFP (École Freudienne de Paris) puis sa dissolution en 1980, la parution des Ecrits (1966), la mise en place de la procédure de la passe en 1967, qu'elle a ensuite mise en pratique dans son école, École Freudienne, à partir de 1983. « Proche de Lacan, présente auprès de lui dès le pré-congrès de Londres de juillet 1963, quelques semaines avant le congrès de Stockholm qui allait entraîner l'exclusion de Lacan de l'IPA, moment où, isolé, il était devenu un objet de marchandage même parmi certains de ses élèves, elle lui est restée fidèle jusqu'au bout. Durant toutes ces années, Solange Faladé a su assumer les responsabilités que Lacan lui a confiées : Membre du Bureau et du Directoire de l'EFP du début 1967 à 1980, Trésorière de cette association qui a regroupé plus de cinq cents inscrits, animatrice de certains des Congrès et de Journées des Cartels, membre du Jury d'Accueil, Solange Faladé a été un élément essentiel dans la dynamique de la vie institutionnelle de l'EFP ». La confiance renouvelée de Lacan se retrouve dans son engagement rigoureux concernant la transmission de la psychanalyse. « Elle a su le mettre en acte au travers de la richesse de son expérience clinique, de ses cures, mais aussi des analyses de contrôle et du Séminaire qu'elle a animé pendant des années rue Claude Bernard » puis après la fondation de l'École Freudienne, rue Las Cases. Après la dissolution de l'EFP en 1980 et l'expérience préalable du CERF (Centre d'Études et de Recherches Freudiennes), elle a mis en place l'École Freudienne en 1983, lieu de transmission de la psychanalyse, dont elle a été la directrice et a soutenu la formation de psychanalystes jusqu'au dernier jour.

 

Dans sa préface, Bernard Mary rend compte de la préoccupation de certains de ses élèves : « Ils ont pensé qu'il serait souhaitable que la parole de cette psychanalyste, ayant une telle expérience de la psychanalyse et du mouvement psychanalytique, soit entendue hors de l'École Freudienne ». Ainsi ils se sont attelés à la tâche de retranscrire ses Séminaires, de les inscrire dans une continuité au même titre que les enseignements de Freud et de Lacan lors du Séminaire du mardi soir et de continuer leur publication afin que cet enseignement oral, marqué du « style de l'analyste en position d'enseignement », puisse avoir fonction de transmission. Le meilleur hommage que ses élèves puissent rendre à Solange Faladé est de continuer à travailler Freud et Lacan, comme elle nous l'a enseigné, grâce à ses commentaires et dans le même sillon, sans jamais les trahir.



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