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La
conduite de la cure selon les
structures
Docteur Solange Faladé |
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Docteur Solange Faladé . Tours le 7 octobre 95
L'année qui vient de s'écouler a vu un certain
nombre de travaux dans notre groupe, et en
particulier un point a été l'objet de réflexion,
ce point concernait le complexe de castration, et,
de plus j'ai travaillé avec quelques personnes,
j'ai exposé ce que Lacan nous a apporté concernant
l'identification et tout particulièrement
l'identification primordiale. Et c'est à partir de
ces deux points que je vais essayer ce matin
d'aborder ce qui se pose toujours à nous et qui
concerne la fin ou le terme d'une cure
analytique. Cette fin, et c'est ça qui peut nous étonner, nous autres aujourd'hui après l'enseignement de Lacan, et surtout après les positions qui ont été prises depuis le départ de la Société de Paris, cette fin ne concerne que les analyses thérapeutiques.
Pour ce qui est des analyses didactiques, Freud
dit que ça ne peut qu'être une analyse incomplète
et de courte durée (note 2), et qu'en fait ce
qu'il attend, ce qu'il espère de ses postulants
psychanalystes, de ses futurs analystes c'est
qu'ils fassent l'expérience de l'inconscient.
C'est-à-dire, en 1937, pour Freud se pose encore
ceci : il faut qu'on s'aperçoive, qu'on accepte
que l'inconscient existe, qu'il y a de
l'inconscient. Donc, il leur demande de faire
l'expérience de l'inconscient et de savoir qu'il
peut y avoir un lever du refoulement et que
ceux-ci, à partir de là, ils pourront conduire des
cures.
Je crois qu'il est temps pour nous de ne pas
oublier ces pas qui ont été fait par ceux-là qui
non seulement ont découvert l'inconscient, ont
proposé une méthode thérapeutique, la
psychanalyse, donc Freud, mais aussi ceux qui ont
suivi et en particulier Lacan qui s'est efforcé de
revenir à la découverte Freudienne pour que
justement on puisse repartir des points qui
faisaient question à Freud en 1937.
Lacan au cours de son enseignement, vous savez
qu'il n'est pas parti en tenant compte de cette
différence des sexes. Ce qui l'a intéressé, ce sur
quoi il a insisté dès le départ, c'est sur le
sujet, sujet de la parole. Alors, dans un premier temps donc, pas de différence, c'est la structure qui compte. Et vous savez que dans " Les formations de l'inconscient "(note 4) il s'intéresse à l'hystérie, il nous donne certes des exemples d'hystérique femme, mais pour ce qui est de la névrose obsessionnelle, il fait savoir que ce n'est pas le propre de l'homme, et qu'on trouve des névroses obsessionnelles chez les femmes. Et il nous en donne des exemples, et en particulier des exemples de Bouvet dont il fait la critique. Ce qui fait que, à la fin de cette année 58, j'entends la fin universitaire, c'est-à-dire une fin qui a été marquée par le congrès de Royaumont où Lacan a apporté ce rapport intitulé " La direction de la cure " il termine en disant que pour la fin, ce qui importe pour l'homme : soit accepter de l'avoir soit accepter de ne pas l'avoir -- Pour l'Homme s'il est mâle ou s'il est femelle -- accepter de l'avoir s'il est mâle, accepter de ne pas l'avoir si elle est femelle, mais ceci après avoir fait la découverte qu'il n'est pas le phallus (note 5). À cette époque, la question de la castration était bien là présente chez Lacan mais l'accent pour lui était mis sur le phallus et sur ce qui était essentiel pour une femme, cette privation, cette privation de fait, puisque de pénis elle n'a pas, et que dans sa quête, non seulement il lui faut accepter de ne pas l'avoir, mais en fait ceci n'est possible que si elle sait, elle tout comme l'homme qu'elle n'est pas le phallus. Je ne peux pas développer tous ces points que vous connaissez, parce que là il faudrait reparler du phallus imaginaire de la mère, enfin bien des points, et le temps ce matin nous manquera. Mais enfin, l'essentiel de ce que je veux apporter c'est cette démarche, ce parcours de Lacan autour de ce qui posait question pour nous tous en 52 - 53 au moment où il y a eu ce départ de la Société de Paris. Qu'est-ce qui peut faire dire qu'il y a une fin à un parcours analytique? Lacan et d'autres avaient pris une position nette, qu'il n'y avait pas de didactique, que ce qui comptait au départ c'était une analyse personnelle et que chemin faisant, on verra si une fin peut être atteinte, ou si un terme pour des raisons qui seront à poser selon les cas, si c'est un terme qui sera mis à cette cure analytique. Vous voyez que là, déjà là, et je crois qu'on doit le trouver ceci dans la fin de la remarque que Lacan fait à Daniel Lagache, naturellement pour ce qui est de la date il a bien prononcé quelque chose à Royaumont en 58, mais il nous dit que nous devons tenir compte de ce qu'il a écrit, et il l'a daté de 60. C'est-à-dire qu'il y avait là déjà quelque chose qui était en marche et qui faisait que lui Lacan, d'autres avec lui, mettait bien un point qui était que un terme peut être obtenu, accepté, mais que ce n'était pas forcément la fin d'un parcours analytique. Et c'est pour essayer de nous faire comprendre et de comprendre aussi lui-même, puisque ces réflexions sont autant pour lui que pour nous pour ce qui est son travail, il part de ceci et c'est essentiellement après avoir mis en place ce qu'il en est de l'identification, de cette identification primordiale qui consiste en ce trait unique prélevé sur le père, ce trait unaire. Et vous savez tout le développement que Lacan va lui donner.
Tout d'abord il fait remarquer et on le trouve
dans le Rapport à Daniel Lagache qu'il y a une
matrice de ce qui sera l'idéal du moi. Il y a là
déjà une encoche et cette encoche que le futur
sujet a, vient de l'Autre. Et c'est sur cette
encoche que le sujet prélèvera un trait et qu'il
viendra marquer à nouveau cette encoche. Et c'est
autour de cette identification primordiale, autour
de ce un, autour de ces signifiants un, que Lacan
chemin faisant met en place ce qu'il a appelé les
discours, le discours du maître, le discours de
l'analyste et les autres, pour que puisse se
mettre en place ce discours, le discours du maître
qu'il nous dit être aussi le discours de
l'inconscient. Donc c'est à partir de ceci, de ce discours du maître, mais qu'il dit être aussi le discours de l'inconscient, que Lacan va année après année essayer de cerner ce qu'est la fin de l'analyse. Si c'est le discours de l'inconscient, si on peut représenter le discours de l'inconscient ainsi, c'est parce que l'inconscient travaille et travaille toujours. Il mettra à cette place du travail ce qui est de l'inconscient. L'inconscient ne cesse de travailler. L'inconscient ne cesse de produire. C'est dans Freud. Lacan nous l'illustre ainsi. Alors, lorsque ce sujet se met au travail, au travail pour une analyse, donc c'est lui qui sera à cette place du travail (note 6) . Mais ce sujet barré, divisé, Lacan dans son séminaire sur " L'objet de la psychanalyse "(note 7) nous dit que sa structure de bande de Moebius, il a fait le schéma, ce qu'il a voulu nous faire saisir c'est que c'est l'objet qui divise le sujet, cet objet qui est un reste de jouissance, qui est un - plus de jouir -. Si bien que ce sujet qui est mis au travail au cours d'une cure analytique, parce qu'il y aura un personnage qui fera semblant d'objet, l'analyste, qui fera en sorte, parce que semblant d'objet, que pour lui quelque chose le cause d'une façon telle qu'effectivement il se met au travail et au travail analytique. Qu'est-ce qui va se produire ? Il travaille. Il va se produire nous dit Lacan des S1, c'est-à-dire tout ce qui l'aliénait au père. Ce sont ces différents signifiants S1 qui l'aliénaient au père, qu'il va produire, moyennant quoi du savoir va pouvoir se mettre ici en position de vérité. Alors, comment se fait ce travail ? Partons de cette structure de sujet, (bande de) Moebius, divisé par cet objet. Et puis c'est très important pour nous de bien avoir à l'esprit, de bien nous souvenir que le sujet, le sujet de l'inconscient est toujours un sujet divisé et qu'il y a là nullement suture, que l'objet qui le divise, c'est en cela que ce sujet de l'inconscient diffère du sujet de la science qui comme vous le savez suture l'objet qui pourrait le diviser. C'est une parenthèse, j'y reviendrais peut-être, mais je tenais tout de suite à le dire. Chemin faisant, donc, le parcours analytique, du S1 va choir. Et ce travail, ce S1 qui va choir va faire que le sujet aura une idée de ce qu'est l'objet qui le divise. Mais c'est justement là, la difficulté de la cure analytique. Et cette cure doit être conduite de façon telle que chaque fois qu'un signifiant qui l'aliène, un signifiant qui le représente, risque de masquer cet objet qui le divise, l'analyste doit être tel que ceci ne puisse pas être, et qu'il puisse y avoir le temps nécessaire toutes ces chutes de S1, Lacan dit : "Jusqu'à ce que ce soit épuisé". Ça veut dire qu'à un moment de son analyse lorsque le sujet analysant, si je puis dire, n'ayant plus de S1 qui viennent lui masquer cet objet qui le divise, la tentation c'est d'essayer de venir mettre un signifiant de l'analyste en place de ce qui va faire qu'il y aura encore possibilité de masquer cet objet. Alors, vous comprenez toute la discussion qu'il y a pu y avoir autour de positions comme celle de Balint ou d'autres, où Balint dit que la fin de l'analyse peut être marquée par une identification à l'analyste, au moi de l'analyste, surtout que, pensez, si le moi de l'analyste est un moi fort... ! C'est une chose qui peut arriver car ne plus avoir aucun signifiant qui vienne là masquer pour le sujet ce qu'est son objet, ce qu'est ce reste, ce rebut, c'est une véritable difficulté. Et l'analyste doit y être d'une façon telle que rien ne vienne empêcher la chute de tous ces S1, rien ne vienne empêcher que le sujet puisse saisir ce qu'est l'objet qui est son être. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tout ce travail analytique, tout ce qui fait qu'il y a ces chutes de S1, ce qui fait que pour ce qui est de l'idéal, l'idéal qui nous soutient, qui soutient le sujet, il va choir. C'est à dire que le sujet sera désaliéné, désaliéné des signifiants qui l'aliénaient à l'Autre, au grand Autre, au père. Et c'est dans ce travail que se fait ce qu'ont dit être la construction du fantasme, puisque au bout du compte le sujet saura quel est son partenaire, son partenaire dans ce fantasme. C'est ce petit a. Ce qui fait que Lacan a pu proposer pour le fantasme cet algorithme. Et au cours du travail analytique lorsqu'il y a eu franchissement des identifications, il y aura cette ouverture qui fait que ce sujet saura l'objet qui est son être. Dans le même temps se met en place ce savoir, ce savoir qui est en place de vérité. Nous en dirons quelque chose tout à l'heure.
Alors, à la fin du séminaire XI, Lacan pose la
question : Que devient la pulsion lorsque le
fantasme est traversé ? Que devient la pulsion
lorsqu'il y a eu franchissement du plan des
identifications ? C'est là cette question de la
fin qui est posée par lui. Et une réponse nous
sera donnée en 75 avec le séminaire sur RSI (note
8). Il nous dit qu'à la fin d'une analyse, s'il y
a eu fin, alors, il y aura identification au
symptôme. Alors ça a posé beaucoup de questions, à
moi comme à d'autres. Et vous savez que j'ai posé
une question à Lacan lors de l'ouverture de la
section clinique (note 16) concernant cette
identification au symptôme.
Et ce n'est que plus tardivement que Lacan fait
place à la jouissance et nous parle d'un
signifiant - la lettre - qui va venir se fixer à
cette jouissance, à ce qui est jouissance du
symptôme. C'est un signifiant qui n'est pas un de
ces signifiants S1 qui représente le sujet pour un
autre signifiant. C'est à dire c'est un signifiant
qui n'a pas à voir avec l'Autre avec le grand
Autre. Et dans son séminaire Encore Lacan
lorsqu'il nous fait son écriture d'essaim de
signifiants, vous vous souvenez, il met en place
tous les S1 qui vont s'articuler avec ce S2. Avant d'aller plus loin je vais essayer d'illustrer ceci par l'observation de l'Homme aux rats (note 9). Lacan, lorsque dans ce séminaire RSI, nous parle, revient sur le symptôme, il met cette jouissance qui n'avait pas pris sa place au départ de son enseignement, Lacan nous parle de - croire au symptôme -. Croire au symptôme, c'est quoi ?
Alors, prenons l'homme aux rats, l'homme aux rats
vous connaissez son histoire. Ce jeune homme,
officier de réserve, qui au cours des manœuvres
rencontre le capitaine cruel, et à partir des
histoires du capitaine cruel, se met en place chez
lui, ce qu'on a appelé l'obsession des rats.
Donc, capitaine cruel, son histoire de rats,
obsessions chez notre homme aux rats ce jeune
officier, et l'obsession est telle, puisque c'est
à la fois la dame et le père qui dans ses
fantasmes, sont là pris par cette obsession des
rats, par ailleurs, depuis toujours, puisque Freud
à propos de cette observation nous dit que la
symptomatologie de l'homme aux rats, sa névrose
obsessionnelle était là en place, enfant.
Il revient à Vienne. Il devait aller suivre, je ne
sais quel traitement, mais il a entendu parler de
Freud. Il a plus qu'entendu parler de Freud
puisqu'il a lu des textes de Freud. Et il décide
d'aller voir Freud. C'est là croire à son
symptôme. C'est là, parce qu'il pense que Freud va
pouvoir faire en sorte que sens soit donné à ses
symptômes, que dans ce lieu il y a un savoir.
C'est ça croire à son symptôme. Il va là où du
savoir est supposé, le savoir de Freud. Et toutes
les fois qu'il y a du savoir, c'est-à-dire il y a
toute une chaîne de signifiants, Lacan dit qu'il y
a un sujet, un sujet supposé à ce savoir.
Pour ce qui est de l'identification au symptôme,
l'homme aux rats peut nous permettre d'être sur le
chemin, de comprendre ce que Lacan nous dit de
cette identification au symptôme.
Dans l'histoire de sa vie (note 10) que nous
rapporte Freud, il est fait mention de ceci qu'à
un moment de sa vie où il est allé faire une cure
d'hydrothérapie à Munich, enfin dans le journal le
lieu est marqué. Et au cours de ces semaines
passées dans cet établissement les choses allaient
très bien pour lui. Il se portait bien. Il n'avait
plus d'obsessions. C'était vraiment pratiquement
le paradis, ce lieu. Alors qu'est-ce qui s'est
passé ? Son inhibition, enfin, tout ce qui était sa maladie était tombée. L'homme aux rats quitte cet établissement, reprend le cours de la vie et, de nouveau des difficultés à vivre. Il décide de retourner en ce lieu, de refaire une cure d'hydrothérapie. Mais là, il demande, il croit, il pense que c'est parce qu'il était dans une certaine chambre. Il veut de nouveau être dans cette chambre, grande et chère, nous dit Freud, que c'était ça qui avait joué. Il ne peut pas avoir cette chambre. Furieux il lance une imprécation. Il dit à la personne qui occupe cette chambre : "qu'elle meure d'apoplexie ! ""Malheureusement pour lui ça se produit. Lui superstitieux, ce n'était pas pour lui rendre la vie facile. Bref, ce séjour ne s'est pas du tout soldé de la même façon. Il n'a eu aucun mieux.
Alors, ceci peut nous permettre de comprendre ce
qui s'est passé. S'il a rencontré une jeune fille
avec qui il a eu des relations satisfaisantes,
c'est ça son symptôme. C'est cette identification
à cet objet de jouissance, à cet être de
jouissance qui peut être un être aimé ou pas.
C'est ça s'identifier au symptôme, à ce reste.
Mais qu'est-ce qui s'est passé pour l'homme aux
rats ? Et Freud en tient compte, l'apprécie, dit que par deux fois dans sa vie, il y a eu une toute première fois coït à Trieste, il n'est pas tout à fait sûr lui, Freud, que ce que ça a apporté était aussi bien que ça, mais à Munich c'était très bien. Or il a trouvé, il a pu mettre en place cet objet, cette jeune fille, mais l'inconscient n'a pas dit pourquoi. Et son leurre est tel qu'au lieu que ce soit pour lui l'heure de vérité lorsqu'il rencontre cette jeune femme, ça n'était qu'un leurre, un leurre puisqu'il a pensé que de retrouver la même chambre et que sais-je, ça lui apporterait ce qu'il a perçu, ce qu'il a reçu la première fois. Alors revenons à notre identification au symptôme, à ce qui se passe à la fin d'une analyse, si cette analyse a pu être menée jusqu'à ce point où il y a ces chutes de ces S1, où on est confronté avec ce plus de jouir, cet objet de jouissance ce qui est l'être du sujet. À ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ? Alors, les derniers séminaires de Lacan, j'entends le séminaire sur " R.S.I.", le "Joyce le symptôme" (note 11) et " Le sinthome" (note 12) , tout ceci va nous permettre de mieux saisir, de mieux cerner ce que Lacan nous dit autour de cette identification au symptôme si la cure a été menée jusqu'à son terme, c'est-à-dire sa fin. Si donc il y a eu tous ces déchiffrements, le sens de ce qui était symptôme, et qui faisait souffrance qui fait qu'on vient en analyse, si ceci a pu se faire, alors il y a silence, il y a silence et tout comme Joyce, Joyce et le symptôme, on est désabonné à l'inconscient. L'inconscient ne parle plus, ne nous dérange plus. On est désabonné à l'inconscient et on pourra, alors c'est là que Lacan va à son tour considérer et ce qui est pour un homme, et ce qui est pour une femme, alors, silence, désabonné à l'inconscient, ayant saisi ce qu'est son être, pour un homme, Lacan nous dit qu'une femme peut être son symptôme, que une femme c'est le symptôme de l'homme.
Qu'est-ce qu'il veut dire ? Donc pour un homme cette identification au symptôme c'est la possibilité pour lui de trouver une femme qui pourra être, " être de jouissance " , objet de jouissance, et dans certains cas être aussi l'être aimé.
Pour une femme c'est beaucoup plus difficile.
C'est beaucoup plus difficile parce que, et là ce
qui fait la différence sexuelle est prise en
compte, d'abord cette privation de départ est là à
vie, acceptée, pas de pénis, pas de phallus. Mais
elle a à être à son insu, vous savez que dans les
formules de la sexuation (note 13) , il y a du
côté Femme, il y a une flèche qui va vers le grand
phi, elle a à être ce grand phi, cet objet aimable
et désirable, à son insu. Mais enfin, une certaine
mascarade est toujours nécessaire pour ce qui est
de la féminité. Elle a à être cela. Mais pour ce
qui est de cet objet, cet objet qui est ce reste
avec quoi elle a à faire, elle aussi, à la fin
d'une analyse, ce n'est pas un homme qui viendra à
cette place et qui sera symptôme. Lacan en a parlé une fois, mais je crois qu'il n'y a pas insisté, en tout cas dans ce qui nous reste de son enseignement, on peut difficilement dire qu'il a dit que -- un homme est le symptôme d'une femme -- symptôme au sens de ce qui vient là incarner cet objet, ce reste de jouissance. Pour une femme, c'est faire en sorte qu'elle puisse être non pas, mais faire être cet objet de jouissance, ce plus de jouir, parce que dans sa formule de la sexuation il y a bien cet objet petit a qui est du côté de la femme.(Solange Faladé dessine le schéma ). Bon, le petit a est du côté de la femme, mais ce qui est demandé à une femme, ce n'est pas de s'identifier à ce petit a, la femme n'a aucune raison d'être masochiste, c'est de faire en sorte que, de se prêter à, nous dit Lacan, et si elle s'y prête, elle peut se prêter à ce qui sera dans certains cas la perversion de l'homme, à ce que peut être la perversion de l'homme. Ce qui va être identificatoire pour elle, c'est ce qui se passe ici en tant que phi. Mais par rapport à cet objet, à ce reste de jouissance, à cet objet qui est son être, elle, ce n'est pas de s'identifier, c'est de faire en sorte que puisse être, le regard, la voix, le sein, l'excrément, tout ce qui est là hors corps, hors sens, et qui pourra être jouissance pour l'homme.
C'est très important de bien saisir qu'à la fin
d'une analyse tout ce qui a sens choit. Il y a ce
silence, chez une femme comme chez un homme.
Mais vraiment ce qu'il faudrait faire c'est de
prendre les différentes structures et de voir
comment pour chaque structure, lorsqu'il y a eu
fin d'analyse, il peut y avoir cette
identification au symptôme, en sachant que le
symptôme, ce à quoi on s'identifie, c'est cette
partie, c'est ce qui a à voir avec la lettre, ce
qui a avoir avec la jouissance, avec ce qui n'a
plus rien à faire avec le grand Autre. Et c'est ce
qui sur le graphe (note 14) sera du côté du grand
S de grand A barré, d'ailleurs Lacan a marqué --
Jouissance --. Ce serait beaucoup trop long de reprendre chaque structure. Mais on peut comprendre que pour une structure telle que ces structures qui ont à voir avec la paranoïa, puisque j'avais posé la question à Lacan, oui, ce qui est de la jouissance aussi existe de ce côté-là, et on peut dans certains cas espérer que une identification est possible. Alors, je crois que ce matin je ne vais pas rentrer dans tout ce développement qui nous permettrait de voir comment pour chaque structure ce qu'une femme peut être, en étant symptôme de l'homme.
Pour terminer, ce que je veux dire c'est revenir à
Freud et montrer, et vous verrez en prenant cette
" Analyse finie et analyse infinie " que Freud au
fond, lorsqu'il termine, bien que cette castration
soit butée, il dit bien :" C’est butée à cause du
transfert". Je crois que c'est très important de
ne pas oublier ceci. Il dit bien que si la névrose
a pu être guérie, puisqu'il se met dans ce cas,
dans cette éventualité qu'une névrose peut être
guérie, à ce moment là il nous dit que, puisqu'il
y a levée du refoulement il y aura satisfaction
des exigences de la pulsion. Il y a une chose
qu'on a trop tendance à oublier, et c'est pourquoi
dans un premier temps nous nous sommes arrêtés
très longuement sur cet article de Freud "
Pulsions et vicissitudes des pulsions" (note 15),
une chose qu'on a tendance oublier, c'est que le
refoulement c'est ce qui empêche qu'il y ait
satisfaction des exigences pulsionnelles. Si le
refoulement est levé, c'est-à-dire s'il y a eu
tout ce travail de déchiffrage, si l'inconscient a
dit pourquoi, alors il y aura satisfaction des
exigences pulsionnelles.
C'est-à-dire quelque chose qui n'empêche pas la
satisfaction pulsionnelle. Et surtout, et je crois
que c'est important, il met nullement la
sublimation à cette place.
Je m'arrêterai là, je sais qu'il y aurait beaucoup
d'autres choses à dire autour de cette fin
d'analyse et de cette identification au symptôme.
L'occasion nous sera donnée peut-être une autre
fois de poursuivre ceci. Voilà. (En réponse à une question Solange Faladé précise:) Si on ne croit pas à son symptôme on ne va pas voir l'analyste. Si on vient voir l'analyste c'est qu'on pense qu'il y a quelque chose à déchiffrer. C'est qu'on pense qu'il y a une explication, il y a une signification à ce qui vous fait souffrir. Et Lacan dit bien aussi que, lorsqu'on est à la fin de cette analyse et lorsqu'il y a cette identification au symptôme, c'est-à-dire à cette partie du symptôme qui n'a rien avoir avec les signifiants de l'Autre, qui a avoir avec la jouissance, Lacan dit qu'à ce moment là il n'y a plus à y croire puisqu'il y aura ce silence. L'homme aux rats quand ça marchait si bien pour lui dans cette salle d'hydrothérapie, il n'avait plus d'obsession, enfin, c'était le silence. Il n'avait plus à y croire. On n'a plus à y croire à la fin, puisqu'on trouve ce qui est son être, et le tout c'est de savoir qui pourra l'incarner.
note 1 : Freud S. "L'analyse avec fin et l'analyse
sans fin".1937.In Résultats, idées, problèmes.
Page 231.Tome II.P.U.F.1985.Paris.Et document de
l'Ecole Freudienne chapitre VIII page 45
.L'analyse finie et l'analyse infinie.
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