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L'Ecole Freudienne |
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L'essentiel
de ce que j'ai retenu de Françoise Dolto. " En hommage à Françoise Dolto, je me suis dit qu'après tout, pourquoi ne pas vous réserver, à vous, la primeur de ce que je dirai demain ? Et la chose ne tombe pas si mal, puisqu'un certain nombre de personnes qui viennent le mardi, autour de la clinique des névroses, n'ont pas compris pourquoi j'ai abondé dans le sens de Freud qui, dans son commentaire sur le petit Hans, disait et écrivait que si lui, Freud, avait été le thérapeute du petit Hans, il aurait apporté un certain nombre de vérités. Il a même dit qu'il n'aurait pas hésité à faire de la pédagogie, et en particulier à faire savoir à cet enfant qu'il existe un vagin. Alors c'est par là que je vais commencer. C'est pourquoi j'ai inscrit ce que vous pouvez lire au tableau. J'ai inscrit un certain nombre de points de cette observation du petit Hans, et lorsque j'en ai parlé mardi, j'ai fait remarquer que cela constituait en fait le savoir du petit Hans. Le savoir n'a rien à voir avec les connaissances. Il n'y a pas de doute que le petit Hans, qui suivait partout sa mère, avait pu par le regard voir que sa mère n'a pas de pénis. |
Mais ce qui va constituer son savoir, c'est ce qui, par les dits de la mère, au cours de son interrogation si je puis dire, va là s'inscrire dans son inconscient. Et ce qui s'inscrit dans son inconscient va aussi dans le sens de ce qui le préserve de la castration. Donc il y a ce savoir qui est là inscrit, et qui n'a rien à voir avec des connaissances. Et si un traitement s'était fait avec le petit Hans, la question de la pédagogie se serait posée, la question de ce que Freud appelle pédagogie. La pédagogie n'a rien à voir avec quelque éducation que ce soit, sexuelle ou pas. Rien du tout. La pédagogie, c'est conduire un enfant quelque part. Eh bien, au petit Hans racontant son histoire, son interrogation - " maman dit qu'elle a un fait-pipi ; je pensais que... " et il ne termine pas - à ce petit Hans, l'analyste, celui qui est en position d'analyste, d'agent, est tout à fait autorisé à dire : " le petit Hans pensait que maman a un tutu, et le petit Hans a raison". C'est ça la pédagogie, c'est ça, en fait apporter quoi ? Apporter un savoir. Un savoir qui va s'inscrire au lieu de la vérité, et un savoir qui est là marqué de la castration. Parce que dire au petit Hans : oui il a raison de penser que maman a un tutu et non pas un fait-pipi, ça veut dire quoi ? Lorsqu'au cours de cette observation, il nous dit que sa soeur, la petite Anna, a un fait-pipi qui va grandir, ça veut dire que non : pas plus Anna que maman n'aura un fait-pipi qui va grandir. C'est-à-dire que la question de sa propre castration à lui, Hans, que son interrogation sur son fait-pipi va être là barrée. |
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Et c'est dire au petit Hans qu'il y a, parmi les êtres vivants, ceux qui ont un fait-pipi, et ceux qui ont un tutu. Puisque c'est lui-même, le petit Hans, qui, dans cette observation, lorsque le voyant toucher son fait-pipi, sa mère lui dit: " oh laisse ça, c'est pas beau, c'est sale, on va te le couper ", c'est lui qui n'est nullement dérangé. Il dit simplement : moi, j'aurai maintenant un tutu. C'est-à-dire que pour le petit Hans au départ, qui n'a pas de fait-pipi a un tutu. Mais avec la position de la mère, de la mère qui se fait connaître à lui avec ce qui est son désir, d'avoir cet objet qui lui manque, elle ancre le petit Hans dans ce qui fait que lui-même ne met pas en jeu son propre fait-pipi d'une façon telle que la castration sera marquée. Apporter la pédagogie c'est apporter du savoir, et du savoir qui va se mettre en position de vérité. C'est-à-dire faire en sorte que puisse commencer à s'écrire, ce qui de la castration va se faire savoir au sujet. Je continue l'observation du petit Hans. Sa soeur naît et vous savez tout ce qu'on lui a raconté comme histoire, que c'est la cigogne qui a apporté l'enfant... le petit Hans n'est pas tellement dupe. Il fait remarquer que cette nuit-là un monsieur est venu, un monsieur qui est en train de se laver les mains, un monsieur qui a sa trousse. Bref, il fait savoir qu'il n'y croit pas tellement. Mais n'empêche, c'est quand même ce que les parents lui disent. Et il continue autour de cette arrivée des enfants, il continue, il dit : oui mais enfin, Anna était dans une caisse et venait avec nous à Gmunden. |
Et d'ailleurs
à ce moment-là, qu'est-ce qu'elle mangeait ? Elle
mangeait des harengs ; elle mangeait comme nous.
Bon il continue, continue toujours autour de cette
arrivée de la petite Anna.
Et pourquoi ?
Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette
observation, Freud dit : il y a tout ce qui
concerne le " loumf ", c'est-à-dire le caca qui
vient d'une certaine façon par ce trou que
l'enfant connaît, l'anus. Et là on peut faire
référence à la théorie sexuelle des enfants, où on
pense que c'est par ce trou-là que vient
l'enfant. |
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Et croyez-moi, ça ne peut pas être quelque chose de l'ordre d'une recette, vous comprenez. Parce que si on n'est pas là en position d'analyste, si on y est en tant que psychothérapeute, terme tellement galvaudé aujourd'hui, mais psychothérapeute ne s'étant pas soumis lui-même à ce qui va être la question de sa castration, qu'est-ce qu'on va répondre à l'enfant ? Vous savez quelque chose du genre de : tu sais le papa a mis la petite graine etc.... c'est-à-dire qu'on va penser que ce que l'on dit a à voir avec le savoir, le savoir en position de vérité et il n'en sera rien. Et je peux vous dire que bien souvent des psychologues qui viennent me parler de leur travail, des psychologues qui ne se sont pas soumis à un traitement analytique, alors qu'ils pensaient éclairer l'enfant, les mettent bien souvent dans un moment de confusion.
C'est-à-dire
que ça ne peut pas être de l'ordre d'une recette
et c'est ce qui faisait notre étonnement,
l'admiration que nous avions pour Françoise Dolto
lorsque dans ses traitements avec les enfants,
traitements qu'elle faisait devant nous, elle
avait comme cela des paroles fulgurantes de
vérité, et qui faisaient qu'une vacillation
pouvait être notée dans le traitement en cours
avec les enfants. Donc cette question de
pédagogie, il faut savoir que ça ne peut pas se
faire n'importe comment. |
J'en viens
maintenant à ce que je pense dire demain autour du
travail de Françoise Dolto, ce que moi j'ai
retenu, et qui est ce qui me dirige toujours dans
le traitement que je fais avec les enfants.
Donc ce
travail dans ce temps préliminaire se fait avec
les parents ; et elle insistait sur ceci : si
l'enfant est amené par la mère seule, il faut
faire savoir à cette femme que si le père ne donne
pas son accord, ne fait pas savoir qu'il veut que
ce traitement se fasse, le traitement ne se fera
pas. C'était déjà quelque chose de révolutionnaire
lorsqu'elle nous en parlait, car ça ne se disait
pas du tout comme cela. Cette place qu'elle
donnait au père, et son importance pour ce qui
devait découler du traitement, selon qu'on
acceptait que l'enfant soit amené par la mère
seule, ou qu'au contraire la mère acceptait que le
père fasse savoir sa décision concernant l'enfant,
écoutez, c'était quelque chose qui ne se disait
pas du tout. |
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Donc, dans ce
temps préliminaire, dans ce premier contact avec
l'enfant et le parent qui amène l'enfant - c'était
souvent la mère - il y avait d'abord l'importance
de la place donnée au père. Puis le travail
préliminaire se mettait en place.
Donc l'enfant
entendait, et de la bouche de la mère, et de la
bouche du père, ce qui dérangeait les parents et
qui faisait qu'on amenait cet enfant. Une fois que
ceci avait pu se dire, et se dire aussi
explicitement que possible, Françoise Dolto
demandait à l'enfant, lui, ce qu'il pensait de ce
que ses parents venaient de dire. Et ceci devant
les parents. Et c'est un point important que les
parents entendent également de la bouche de
l'enfant ce que lui, l'enfant, pense, de la
position des parents. |
Au cours de
ce temps préliminaire, un certain nombre de
renseignements était demandé, dans ce qui se
jouait dans la famille ; on demandait le rang de
l'enfant, le premier né, comment son arrivée au
monde s'était faite, tout cela se parlait ; et
puis Françoise Dolto demandait aux deux parents de
la laisser seule avec l'enfant. Nous étions là. Et
c'est à ce moment-là que Françoise demandait : "
bon, tu as entendu ce que tes parents ont dit. Tu
leur as dit telle chose. Maintenant toi, dis-moi
ce que tu penses. Est-ce que ce que demandent tes
parents, ce que disent tes parents, est-ce que
toi, ça te dérange ? " Et selon la réponse de
l'enfant, la conduite à tenir variera,
c'est-à-dire que déjà là, Françoise Dolto prépare
cet enfant à prendre en charge ce qui va se faire.
Elle va l'aider à dire quelle est sa souffrance,
si souffrance il y a, à dire si c'est seulement
les parents qui sont dérangés par ces
comportements de l'enfant, ou si du côté de
l'enfant également il y a souffrance. Aider l'enfant à exprimer cette souffrance, ce premier temps est toujours très long. Peu importe si cela se fait en une fois, deux fois ou trois fois. Et ensuite, il y a à entendre les deux parents, et puis chaque parent séparément. Et puis, à reprendre, si je puis dire, l'entretien avec ses trois protagonistes, et essayer de faire dire de la part des parents ce qui est propre à chacun d'eux concernant cet enfant et aussi de faire entendre aux parents ce que l'enfant a à dire concernant son mal à vivre. |
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Ou encore
après tout, le parent peut être dérangé mais pas
l'enfant, c'est une chose qu'il ne faut pas
oublier. Et sur ce point je vais insister, car souvent j'ai entendu dire : " eh bien puisque l'enfant dit que ça va etc.... pourquoi faire un traitement ? " II n'y a peut-être pas de traitement à faire, mais il n'y a sûrement pas à arrêter là la consultation, c'est-à-dire ce travail de débrouillage du premier temps. Il y a à voir avec l'enfant, et j'ai souvent entendu Françoise Dolto le faire, voir avec l'enfant ceci : " toi, tu dis que ça va bien, et tes parents disent qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Peut-être qu'on peut essayer ensemble de voir pourquoi eux pensent que ça ne va pas, et ce qui fait que toi, tu trouves que ça va ".
Ça fait
partie du travail préliminaire. Au bout de ce
temps qui sera plus ou moins long, les parents
sont revenus avec l'enfant, et peut-être sera-t-il
décidé alors qu'il n'y aura pas de traitement.
Qu'il n'y aura pas de traitement, et que c'est
avec les parents qu'il y aura quelque chose à
faire ; pas forcément les deux parents, peut-être
l'un et pas l'autre, peut-être l'un et l'autre
également.' |
Si le travail se fait avec l'enfant, ça ne veut pas forcément dire que rien ne doit se faire avec l'un ou l'autre parent. Mais ceci va se décider et selon ce qui nous est présenté: soit en faisant savoir à l'enfant que lui a besoin d'être traité, mais que peut-être son parent aura besoin aussi de l'être; ou peut-être en ne faisant pas savoir à l'enfant que tel parent a besoin d'être suivi. Dans tout ce qui nous était apporté par Françoise Dolto, il y avait ceci qui était important (et qui a été théorisé plus tard par Lacan) dans son interrogatoire, dans cet échange qui se faisait entre parents-enfant, enfant-parents : savoir comment le savoir avait été apporté à l'enfant. C'est-à-dire ce que plus tard Lacan dans son séminaire D'un Autre à l'autre a théorisé. Eh bien, c'est ça que, patiemment, Françoise Dolto s'efforçait de faire dire aux parents, dans un premier temps : comment l'enfant était accueilli, etc.... comment ce savoir inconscient s'était dit chez les parents. Puis par rapport à tout ce qui peut apporter satisfaction à l'enfant, satisfaction aux parents, comment ceux-ci se comportent. C'est ce que Lacan appellera la jouissance. Mais déjà dans le temps de cet entretien, Françoise Dolto avait ce souci. Alors voyons maintenant l'échange avec chacun des parents : avec chacun des parents, ensemble mais toujours séparément. J'insiste sur ce toujours séparément. |
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La mère sera entendue, le père sera entendu, et Françoise Dolto va s'efforcer de voir comment ça s'est joué pour eux, ce qu'ils peuvent en dire, ce qu'ils peuvent dire de ce qui s'est passé pour eux, entre eux et leurs propres parents, de ce qui dans leur vie a pu clocher selon eux. Et c'est avec tout cela qu'une décision sera prise.
Alors je
crois que c'est important ; c'est important de
voir quelle était la démarche de Françoise Dolto,
surtout maintenant où on nous parle de cette
thérapie familiale. Elle convoquait, c'est vrai,
les parents, les deux parents. Elle attendait que
les deux parents puissent venir, séparément ou
ensemble, selon la famille au moment où l'enfant
venait. Elle les convoquait, elle les entendait
ensemble, elle entendait les trois séparément. Ça
veut dire quoi ? Ça veut dire que ça n'a rien à
voir avec la thérapie familiale... ce n'est pas
par ce qui sera asséné à l'enfant venant de la
bouche des parents à tel moment - puisque c'est
ainsi que ça se passe - que quoi que ce soit d'un
traitement va être mis en place. |
C'est-à-dire qu'il est important de savoir ce qui, dans le champ du grand Autre, s'est dit de lui avant qu'il ne soit. Prenons le cas de l'Homme aux rats : qu'est-ce qui s'est dit de lui ou pas de lui avant qu'il ne soit ? Il y a eu la dette du père, la conduite lâche du père. Et ça va marquer ce sujet, Homme aux rats, comme on va le voir plus tard. Donc ça a besoin de se dire, ça a besoin d'être entendu par qui va prendre l'enfant en charge : mais il faut aussi le faire dire aux parents. C'est-à-dire que les parents vont pouvoir prendre conscience (le mot n'est pas bon, mais je n'en ai pas trouvé de meilleur pour l'instant), vont pouvoir se rendre compte, de ce qui peut-être aliène leur enfant, et ce, à son insu : c'est-à-dire là où eux aussi sont responsables. Donc le travail de Françoise Dolto, c'est de faire en sorte que ce qui a aliéné l'enfant, puisse dans un premier temps être entendu des parents. Pas forcément en présence de l'enfant ; parfois en présence de l'enfant. C'est-à-dire que là il n'y a aucune recette. Ça ne peut pas être automatique. C'est chaque fois le thérapeute qui doit savoir ce qu'il fait. Mais ce qui est pris en compte par Françoise Dolto, c'est ce qui aliène l'enfant, ce sont des signifiants venus du champ de l'Autre qui aliènent l'enfant. Et ce n'est que lorsque ce travail est fait, que l'enfant va pouvoir être mis en position de travail, y être avec ce qui le divise ; car ce temps préliminaire permet aussi à l'enfant de pouvoir être dans ce qui est sa division. Et croyez-moi, ça se sait ; ça se sait, et le moment où cette décision sera prise, est un moment important. L'enfant est pris en traitement. Ce que les parents doivent savoir, ils le savent. Si les parents doivent eux aussi se prendre en charge, ça se décide. |
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Et à partir
de ce moment-là, le travail se fait avec l'enfant,
avec ce que du secret, doit être signifié à
l'enfant par rapport à ce qui par la suite, sera
nécessaire, s'il y avait à suivre les parents. |
Alors il y a
bien sûr à l'aider à s'exprimer, et arriver à le
faire d'une façon neutre, en lui demandant non
seulement de dire ce qui est, de donner des noms,
de nous dire si une histoire est construite autour
des personnages qui sont sur son dessin, si
lui-même s'y trouve, où il se trouve, ce qu'il
fait. Enfin véritablement : ne rien connaître tant
que l'enfant ne nous a rien dit. Il en est de même
pour le modelage. |
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Or qu'est-ce
que Françoise Dolto proposait ? Prendre l'enfant
véritablement comme un sujet, un sujet qui peut
être mis au travail, un sujet qui de par ce
travail analytique va vers une autonomie. Or
tandis qu'il va vers cette autonomie de par la
production des signifiants qui l'ont aliéné,
quelque chose sera modifié dans le système
familial. C'est-à-dire que l'enfant se prenant en
main, en tant que sujet de la parole, en tant que
sujet de l'inconscient (après avoir fait ce
travail préliminaire avec les parents bien sûr,
mais chacun pour soi, et que ça ait pu conduire à
une analyse ou pas chez les parents), eh bien,
dans le système familial, quelque chose va bouger.
Et c'est bien une chose que nous pouvons observer
régulièrement. |
C'est-à-dire
qu'à cette place, occupant cette place d'agent, et
d'agent qui est neutre dans sa façon de dire les
choses, mais qui est là, qui permet à l'enfant
dans sa division de produire ces signifiants,
quelque chose d'autre se met en place dans le
système familial. Et c'est important de le savoir.
Quelque chose d'autre se met en place dans le
système familial, parce que tout à l'heure, je
vous ai parlé de ce savoir qui est apporté et qui
est apporté d'une façon telle qu'il soit mis en
position de vérité. |
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Autonomie
donc, mais pas indépendance : c'est-à-dire que sa
castration est bien là marquée, et ce qui est dû
aux parents, c'est-à-dire la question de sa dette
vis-à-vis de ses parents, n'est pas du tout
escamotée. Plus tard, il pourra faire comme le
parent a fait, ou pas comme le parent a fait, mais
comme lui-même aura à faire. C'est ce que Lacan a
appelé un moment cette assomption du sujet,
l'assomption de son sexe : plus tard il s'en
servira, ayant été marqué de la castration, il
s'en servira. Mais n'empêche que, pour l'instant,
il dépend encore de ses parents. Il a à le
reconnaître, et il a une dette à payer. |
Cet enfant
est pour sa mère, ce que Lacan nous dira plus
tard, cet objet, qui est dans son fantasme : et je
pense que c'est pour ça qu'il est nécessaire dès
le départ de faire savoir à la mère qui vient avec
son enfant, que rien ne se fera si le père n'est
pas dans le coup de ce travail analytique pour
l'enfant. |
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L'enfant va
se débrouiller, et je crois qu'on peut le
comprendre, il ne s'agit pas d'asséner des faits.
La vérité n'a rien à voir avec l'exactitude ou la
véracité des faits, pas du tout. On peut le
comprendre, pourquoi ? Parce que ce avec quoi on
va faire, c'est avec les signifiants qui ont
aliéné l'enfant. Donc il n'y a pas forcément à
obliger tel parent à aller révéler tel secret à
l'enfant, pas du tout. D'abord ça dépend de l'âge
que peut avoir l'enfant, et il y a des choses
qu'il faut savoir préserver. Un enfant c'est comme
un arbre. |
Freud nous a
bien dit que ce qui intéresse, c'est toujours un.
Et c'est ce que Lacan a repris : un par un. C'est
l'individu, c'est celui-là qu'on prend charge, et
il n'est pas question de faire en sorte que toute
la famille baigne dans je ne sais quoi. Ce n'est
pas nécessaire. Et croyez-moi je parle
véritablement de ces années 50-60, enfin les dix
premières années de, on peut dire, la fin de la
Société de Paris et de la Société Française de
Psychanalyse - Françoise Dolto était très
soucieuse de cela. |
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II y a- bien
des choses qu'un adulte ne saura jamais, et ça ne
l'empêche pas de faire son traitement
psychanalytique, vous comprenez.. |
Docteur
Solange Faladé .Hopital Sainte Anne. Paris. Avril
92. |
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