L'Ecole Freudienne

 


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L'écriture des discours dans "Clinique des névroses"de Solange Faladé.
Emmanuel Koerner


Le lecteur trouvera ici l'hommage à Solange Faladé prononcé par Emmanuel Koerner le 24 septembre 2004 à  la Sorbonne au colloque " L'incidence des discours " . Le discours du psychanalyste et les autres.


Dans son double séminaire, Solange Faladé nous fait saisir la formation et les effets de trois des quatre discours. Je vais vous présenter certains éléments de cet enseignement, en hommage à sa mémoire.

Le sujet divisé et le discours du maître.

Les discours sont des mathèmes mis en place dans la clinique des névroses. Cette clinique est celle du sujet de l'inconscient, découvert dans le sujet névrosé, et prend de ce fait son départ et son point d'appui dans un non-savoir ou plutôt dans un savoir insu. C'est ce qui la différencie des autres cliniques. S'appuyer sur un savoir et vouloir l'appliquer à un cas, voilà ce qui ne peut que nous égarer, dit Solange Faladé. "Pour chaque nouveau cas, faîtes comme si vous ne saviez rien", disait à peu près Freud.

Ce départ et cet appui dans un non-savoir, c'est ce qui s'écrit dans le discours du maître, discours de l'inconscient, ce discours sous lequel se trouve le sujet de l'inconscient, sujet divisé. Sa division, c'est "ce qui fait noeud". Ce noeud restera opaque et ne pourra être retrouvé: il contient un savoir dont nous ne savons rien, savoir insu, inconscient. Il y a eu suture. Mais tout le savoir su du sujet s'ordonnera autour de cet insu qui en forme le cadre.

Solange Faladé va partir du discours du maître. Les autres discours ne se mettent en place qu'à partir de lui. Lui-même s'élabore peu à peu à travers de nombreux séminaires de Lacan autour du processus de subjectivation.

L'émergence du sujet est une aliénation. Si on considère
l'infans, l'enfant qui n'est pas encore sujet, pas encore entré dans le langage, il s'exprime par des cris asignifiants . Ces cris sont interprétés à partir de signifiants qui ne sont pas les siens, qui traduisent ce qui s'est dit avant qu'il ne vagisse et qui marquent et morcellent son corps. Cette parole qui lui est apportée, il l'accepte (Bejahung) et il lance le premier appel : véritable demande dont il y aura un signifiant tiré du champ de l'Autre, et qui va représenter le sujet, sujet du "pur besoin". Mais il n'a pas de signifiant propre: Lacan écrit S barré. Lorsque le sujet parle, les signifiés viennent de signifiants qui ne sont pas les siens: Lacan écrit s(A) pour ce message ignoré de son porteur et qui sera le symptôme.

On peut donc écrire la première relation du futur discours: S1 sur S barré , par laquelle s'écrit l'émergence du parlêtre quelle que soit sa structure, qu'il soit névrosé, pervers ou psychotique.

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Il faudra un deuxième appel , car comme la linguistique nous l'apprend, un signifiant ne peut se signifier lui-même, et Lacan le définit comme ce qui représente un sujet pour un autre signifiant. Or cet autre signifiant ne peut être pris comme les précédents, les S1, dans le corps des signifiants de l'Autre. Car du fait de cette opération, l'Autre a été décomplété, et cette faille dans l'Autre doit être repérée, signifiée. La psychanalyse ici diffère de la linguistique. Il y a donc un appel pour un autre signifiant, et si une réponse est entendue, un pur signifiant qui ne représente aucun sujet, le Nom-du-Père, sera inscrit dans la chaîne pour signifier ce manque, S(A barré), manque qui se révèle lié au pas de pénis de la mère et à la différence des sexes. A partir de là, un signifiant particulier appelé S2, à qui aucun autre signifiant ne permettra d'être signifié mais qui donnera sens à tous les autres, pourra être prélevé au champ de l'Autre sur l' "être de l'organisme", pour un savoir marqué du refoulement originaire, un savoir qui ne reviendra pas, qui ne se saura pas, qui va échapper à tout jamais. Ce S2 ne peut être connu. La relation S1->S2 schématise la structure de l'inconscient et sépare psychanalyse et linguistique.
Une part de ce qui est prélevé ne peut être porté à la signifiance et va choir, objet
a, reste de jouissance par l'effet du signifiant. Solange Faladé figurait cette chute par un tracé particulier:
( S1 sur S barré –> S2 sur a ).

Ainsi s'écrit le discours de l'inconscient ou discours du maître, avec ses quatre termes.
Le S2, c'est le
Vorstellungsreprasentanz , non pas une représentation mais un représentant, cadre qui va frayer le passage aux signifiants à venir pour qu'ils puissent être refoulés, c'est-à-dire placés au coeur du refoulement originaire.
L'absence de signifiant pour représenter le sujet est prise en compte: le sujet s'évanouit, disparaît sous le signifiant. La castration est symbolisée. L'Autre s'est montré barré, manquant; le
S barré est divisé: c'est le noeud.
Ce S2, savoir du sexe et de la castration, ce n'est pas de la connaissance. C'est tout ce qui est apporté par les parents, au-delà de leurs intentions et de tout savoir théorique, concernant leur désir et leur jouissance dont l'enfant est un reste,
a .
Ce savoir vient d'une place inconnue jusque-là, d'un lieu Autre, lieu d'une altérité absolue (les parents ici ne sont pas des semblables), lieu auquel l'enfant est assujetti comme être parlant, lieu sans visage comme le fantôme du père de Hamlet.
C'est à partir de cet assujettissement que l'enfant se structure et devient sujet de l'inconscient,
S barré divisé .

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Le savoir insu et la phobie.

Solange Faladé l'illustre à partir du petit Hans. Enfant éveillé, il jouit de sa mère et de tout ce qu'elle lui apporte. C'est la jouissance du côté de la Chose qui le tient dans la vie: la Chose, cette vacuole au lieu de l'Autre, ce vide à la place où a été rencontré le premier objet de satisfaction. L'imaginaire maternel a une grande importance dans cette relation centrée sur le désir de la mère, autour de la question de savoir quel est son manque et si elle a un pénis ou pas. Un savoir commence à poindre: Hans pressent que ce qui différencie le comportement de son père et celui de sa mère, ça concerne le pénis. Cet objet qui manque à la mère lui donne la réalité du phallus.
Mais cette mère brouille les pistes, jouant sur l'ambiguïté du terme: elle répond qu'elle aussi a un "fait-pipi", un
Wiwimacher .
Pourtant sa soeur Hanna vient à naître. On raconte à Hans des histoires de cigogne, mais diverses observations font qu'il peut savoir quelque chose de ce que le père apporte. Le désir de la mère commence à être identifié et renvoie désormais au père. Mais de ce fait Hans ne peut plus faire appui sur ce désir. Le savoir insu qui se met en place rend désormais impossible le jeu de leurres avec sa mère, d'autant que le père dit qu'en effet Hanna et Hans sont ses enfants. La phobie apparaît avec la peur du cheval, peur d'être mordu, peur d'être castré par le père. Tout un "fantasme" dit Freud, tout un savoir fantasmatique se construit: les signifiants s'ordonnent à partir de cet insu qui en forme le cadre et autour de la métaphore du cheval. Hans arrive à savoir que sa mère peut devenir voiture de déménagement, avoir une caisse en elle contenant Hanna et lui. Il a été dans cette caisse. Le père devient un gêneur.

Ce temps de l'angoisse, c'est le temps du deuxième appel, appel au père. Hans demande à ce père de se montrer comme qui peut mordre, comme qui peut le battre. Sous les fantasmagories, c'est le fantasme fondamental - un enfant est battu - qui s'articule, dans lequel le fouet du père est à la fois le signe que le père l'aime et aussi ce dont les marques détermineront la propre jouissance de Hans par le masochisme primordial. Mais le contenu de ce fantasme, la castration, ne peut se dire. Le refoulement originaire opère avec ce qui de la demande ne reviendra jamais, ne pourra être repris.
Hans va s'identifier à son père (bien que ce père ait en partie manqué dans son rôle de castrateur) et c'est ainsi qu'il sortira de la phobie: en se symbolisant lui-même par le cheval. Il sort revêtu des insignes du père, des traits de l'Idéal du moi. Il va pouvoir écrire le discours du maître, c'est-à-dire devenir un sujet de l'inconscient, et, à travers les hésitations, opérer à sa façon la conjonction S1->S2. Pour lui les signifiants pourront prendre sens.
La mère a répondu de façon à détourner Hans de ce qu'il avait perçu et croyait savoir. Les questions qu'il se posait sont restées en suspens. Le savoir n'est pas venu en position de vérité, et n'a pas reçu la barre de la castration. Malgré tout la métaphore paternelle a pu jouer.
L'angoisse de la phobie est le témoin de la division du sujet et de l'émergence d'un sujet du discours. A chaque pas effectué par Hans on observe un refoulement de ce qui est marqué de déplaisir. "J'avais pensé..." dit-il, et il ne poursuit pas. C'est le S2, ce savoir de la jouissance et de la castration (savoir resté suspendu pour Hans), qui fraie le passage aux signifiants S1 vers le refoulement originaire. Le désir peut naître à partir du désir de l'Autre - désir de la mère, désir du père - présentifié dans le fantasme.

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Le désir n'a rien à voir avec la demande. Il est impossible de tout savoir sur son désir, qui est articulé dans l'insu. Il n'est pas dicible. Articulé, il n'est pas articulable, dit Lacan. C'est la condition de tout sujet du discours. Il ne pourra y avoir reconnaissance du désir au cours d'une analyse.

Mais si la métaphore paternelle n'a pas permis que le désir de la mère (génitif subjectif et objectif) prenne sens, un discours ne peut s'écrire. L'insu ne peut se constituer, les S1 ne peuvent lui être conjoints ni prendre sens, ce qui peut conduire aux constructions délirantes.
C'est la structure psychotique:
S1 sur S barré, S1, S1, ....

Le (non)discours de l'obsessionnel.

A partir du S2 et de la division du sujet, les types cliniques vont pouvoir se mettre en place, avec les différents discours.
Le passage par la phobie, "plaque tournante" vers la névrose ou la perversion dit Lacan, permet l'écriture d'un discours qui est d'abord le discours du maître. On aurait pu s'attendre à ce que Solange Faladé aborde alors le discours de l'hystérique, qui lui-même a permis l'écriture du discours de l'analyste, lequel à son tour a permis que le sujet de l'inconscient, qui écrit le discours du maître, soit découvert.

Mais c'est au sujet obsessionnel qu'elle consacre la première partie de sa
Clinique des névroses . Elle ne s'en explique pas directement, mais la raison peut en être trouvée dans les discours et leurs rapports.

L'obsessionnel est sujet de l'inconscient. Son "modèle", dit Lacan, c'est l'homme, et son discours le discours du maître, discours de tout sujet de l'inconscient. Cela signifie qu'il n'a pas de discours propre. Ce qui le caractérise c'est la difficulté à écrire ce discours du maître. Solange Faladé met en exergue à cette première année sur la Clinique une phrase tirée du séminaire -D'un Autre à l'autre - :"l'obsessionnel est celui qui refuse de se prendre pour un maître".
Pourquoi? C'est la relation à la Chose qui est ici intéressée. Comme l'hystérique, l'obsessionnel a vécu d'abord dans l'insatisfaction le rapport à la mère; mais ensuite il y a eu jouissance excessive. De ce fait il a difficulté à faire avec l'insu, à conjoindre le S2 aux S1. Il rejette les pensées de l'inconscient, isole les S1 du S2. Ce qui pourrait s'écrire:
S1 sur S barré -> S2 sur a.
Dans le cogito psychanalytique -
ou je ne pense pas, ou je ne suis pas - l'obsessionnel est au lieu du je ne pense pas . Devant l'interdiction de la jouissance, il suspend tout savoir. Il doute de savoir. Ceci apparaît bien chez l"'Homme aux rats" (HR). Au cours d'une correction administrée par son père, l'HR alors très petit avait en retour traité celui-ci de toutes sortes de noms, et ce père s'était alors exclamé: "Ce petit-là deviendra ou bien un grand homme ou bien un grand criminel." Et l'HR devenu adulte, qui refoule la haine pour son père, qui n'en veut rien savoir, se demande: "suis-je un criminel'?" sans établir le rapport avec les paroles de son père. Il faut que l'Autre, dont le discours constitue l'inconscient, n'en sache rien; c'est pourquoi on doute.
Puisqu'on ne veut rien savoir du S2, toutes les observations, les S1, ne peuvent prendre aucun sens. L'obsessionnel est celui qui ne comprend pas. C'est ce que relève Freud en parlant de disjonction du rapport de causalité.

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L'HR avait observé que sa mère annonçait régulièrement qu'elle allait devoir s'aliter, ce qu'elle faisait effectivement le moment venu, mais jamais plus tard, lorsqu'il avait tous les éléments pour comprendre, il n'a dit que sa mère avait alors ses règles. Il avait eu l'occasion de voir et de toucher le sexe de sa gouvernante, mais jamais dans l'observation il n'a fait savoir que les femmes, et par conséquent la mère, n'avaient pas de pénis.
Cette non-conjonction conduit à des phénomènes pouvant faire penser à la psychose: Freud parle de "phénomènes délirants". Il y a quelque chose d'une
Verwerfung . Ce savoir dont on ne veut pas ressurgit dans le réel. Lorsque le capitaine M, capitaine cruel, lui dit qu'il doit de l'argent au lieutenant A, l'HR sait très bien que c'est faux; mais il a du mal à résister à ce savoir dans le réel.
Le même HR enfant cantonne le S2 chez les parents en tant que petits autres. Il croit que les parents savent ce qu'il pense. L'obsessionnel ne pose pas sa question à l'Autre, à la différence de l'hystérique. Il se protège de ce lieu d'altérité et se pose sa question à lui-même. Il maintient ses signifiants toujours les mêmes, empêtré dans ses pensées. Il ne peut donc y avoir de discours de l'obsessionnel, mais seulement un disque rayé: il n'y a pas de lien social.

Puisqu'il ne veut rien savoir du S2, il ignore la différence sexuelle. Il a bien le savoir inconscient de cette différence: on l'a vu à propos de la gouvernante de l'HR, et on le retrouve avec l"'Homme aux loups" qui dans sa petite enfance a assisté à un coït a tergo de ses parents. Ni homme ni femme, l'obsessionnel parle de lui-même comme d'un baby (cela s'entend sur le divan), terme qu'à bon escient la langue anglaise met au neutre. Mais il se pose la question de son sexe qui lui fait embarras. Il fait savoir ainsi que l'acte sexuel n'est pas ce qui permet au sujet d'avoir quelque certitude sur son sexe.
Néanmoins quand l'HR, lors d'un séjour dans une clinique d'hydrothérapie, a eu l'occasion d'avoir des relations sexuelles satisfaisantes, donc de jouir d'une femme comme un maître, tous ses symptômes ont momentanément disparu. La conjonction sexuelle a permis momentanément la conjonction du S2 aux S1.
Séparé du S2 source de sens, ne pouvant accepter ce qu'il rencontre au lieu de l'Autre, l'obsessionnel se pose la question de son existence, toujours dans le doute: suis-je ou non?
To be or not to be: il reste sur le or et ne peut dire je suis .

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Soumis au choix forcé de l'aliénation, il choisit l'être (dans le cogito psychanalytique il est du côté du je ne pense pas , évitant le je ne suis pas ) et pour sauver cet être, il veut être maître de son être en refusant cette perte qui est de l'ordre du refoulement, même si elle s'impose à lui (il n'est pas amnésique comme l'hystérique). Il refuse aussi de perdre le "a ", car la chute du "a " est liée à la conjonction SI->S2.

S1 sur S barré - S2 sur a.

Il ne veut pas de la trace ni de la jouissance qui a pu être là marquée. Il a du mal à se reconnaître dans le fantasme fondamental. Pour s'en défendre, il s'arrange avec les signifiants, il les triture dans ses répétitions et ses ressassements pour retrouver le signifiant de la première fois, ce qui est en-dessous. Mais le signifiant est pure différence et la seconde fois ce n'est pas la même chose, comme l'a montré Kierkegaard. L'obsessionnel est contraint à se répéter.

Pour ne pas être dérangé par la jouissance, il la fait passer au rang de signifiant: il comptabilise pour combler les vides, les intervalles entre les signifiants, pour se protéger du "
a" qui s'y loge. La jouissance est emmurée. Il faut ne rien perdre, tout recycler. Ce qui est déchet ne peut se présenter comme déchet . Tout ce qui est autre doit être ramené au même, l'Autre à l'autre, le S2 au S1. C'est un énorme travail, dont il se fait esclave. Le refus de perdre empêche de poser un acte.

Le "a " est alors pris dans le mouvement de la pulsion. Chez le baby précisément, la pulsion, par exemple la pulsion orale, au moment où elle naît, n'a pas affaire avec l'Autre. Elle se met en place quand il manque, quand il disparaît, avec l'autoérotisme. Le sujet de la pulsion est acéphale (au lieu du je ne pense pas , la négation porte sur le je , le sujet est le ça ). On est dans le champ de l'Autre, mais l'Autre est éliminé. Tournant autour d'un vide, la pulsion concerne ce qui de l'Autre manque; il y a boucle, appel tournant autour d'un vide qui pourra loger le rien que sont les objets "a " (cf. Lacan, Livre XI du Séminaire). C'est pourquoi les objets de la pulsion sont identifiables chez le névrosé, et en particulier l'obsessionnel. Ils permettent la sublimation, destin ou vicissitude de la pulsion. Léonard de Vinci, dit Solange Faladé, est un obsessionnel et non pas un pervers, comme le montre l'importance des pulsions partielles et de la sublimation dans son tableau clinique. Chez l'HR c'est la pulsion du regard. En général on relève les pulsions agressives, la relation destructive à l'Autre, l"'hainamoration", et le risque de passage à l'acte qui peut conduire au suicide.
Pour qu'il y ait discours, le manque doit avoir été repéré dans l'Autre. Pour tout sujet il y a donc à l'horizon le meurtre du père jouisseur censé disposer de toutes les femmes. Mais il ne sera pas tué de la même façon selon les structures. Chez le psychotique nous sommes dans le cadre du réel et le sujet est soumis à la jouissance persécutive de Dieu. Le pervers fait revivre le père ou le fait jouir bien que mort. L'obsessionnel, lui, se défend d'avoir tué le père. Encore en partie assujetti au désir de la mère, il se demande s'il a décidé ou non de la mort du père. La question du maître demeure posée et la conjonction SI ->S2 reste difficile.

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L'affrontement avec le père est éludé chez l'HR et la haine du père est méconnue de lui.
Le discours du maître permet aussi d'identifier le fantasme de l'obsessionnel dans la version qu'en donne Freud à partir de sa propre structure avec le mythe du père de la horde dans - Totem et Tabou -
. Après le meurtre du père jouisseur les fils, par sentiment de culpabilité, reconnaissent le père mort comme leur maître.
C'est le S1. Ils mettent en place une deuxième forme, le S2, qui représente le père, pour lui faire croire qu'il n'est pas mort et qu'ils n'ont aucun désir pour les femmes de la horde. Chacun d'eux refuse de se prendre pour un maître, et à la place du S2 maintient comme tout obsessionnel un Autre mort. Il refuse l'altérité venant de ce lieu.
S1 sur S barré S2 .
Il y a mensonge. Les fils disent que le père n'est pas mort, qu'eux-mêmes ne désirent pas les femmes. Parce que rien du désir n'a pu se dire au lieu de l'Autre, parce qu'il n'est pas possible de faire avec le désir de l'Autre (du père), les fils de la horde font de leur désir quelque chose du côté du mensonge, en rendant le désir impossible. L'impossible c'est ce à quoi Lacan identifie le réel. Et le mensonge, dit-il, est le "réellement symbolique", ce qui du symbolique se met dans le réel mais ne peut s'exprimer. Dès lors le fantasme,
S Barré poinçon a, qui permet de soutenir et de présentifier le désir de l'Autre, ne peut que faire problème. Pour se mettre à l'abri du désir de l'Autre, l'obsessionnel fait du "a" un petit autre, se met en scène par un autre qui n'est que lui-même, fantasme homosexuel, même si l'autre est d'un sexe différent.

Le "a" ne jouera pas dans le fantasme mais dans la pulsion. Par son voyeurisme l'HR satisfait avec le "a" regard son désir impossible qui ne pourrait se satisfaire dans la conjonction du fantasme.

Dans la difficulté, l'obsessionnel s'efforce d'écrire le discours du maître à sa façon et d'établir la conjonction S1->S2 sous laquelle se trouve le sujet parlant: il se réfugie dans l'interdit, pour se protéger du désir de l'Autre et de la castration, en faisant un commandement de ce qui est de l'ordre de la demande. Les fils de la horde font avec l'interdit. C'est une façon de ne pas savoir ce qu'est le désir de l'Autre. On se soumet à l'ordre du maître. On lui reconnaît un savoir qui peut se conjoindre à son pouvoir. L'HR attribue au capitaine cruel un savoir (qu'il sait faux), et se soumet à ce savoir. C'est sa façon d'écrire le discours du maître. Ce qui marque le symptôme de l'obsessionnel c'est la défense et les lois de la parole, les dix commandements. Pour l'hystérique ce sera la métaphore et les lois du langage.

L'obsessionnel ne peut manquer d'approcher le lieu de la vérité, et il s'en défend alors par la dénégation, la
Verneinung . C'est lui qui en a ainsi permis la découverte à Freud. Mais il peut aussi finir par conjoindre le S2 au S1 et par écrire le discours du maître: l'interprétation dans la cure consiste précisément à apporter quelque chose de l'ordre du S2 présent dans son discours pour lui permettre d'opérer la conjonction. Lorsque celle-ci s'est effectuée, alors, lui qui s'est placé au lieu du je ne pense pas , peut apporter beaucoup à la pensée (on peut citer Descartes, Pascal...).

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Le discours de l'hystérique et le discours de l'analyste.
Discours et formules de la sexuation.

C'est à partir des termes élaborés pour le discours du maître que Lacan a mis en place le discours de l'hystérique. Mais c'est l'hystérique qui a conduit Freud à découvrir l'inconscient. C'est donc le discours de l'hystérique qui est en un sens le point de départ, et son étude parallèle à la précédente va aussi permettre d'aller beaucoup plus loin.
Le sujet hystérique, dont le modèle est la femme, vient dans sa division questionner le maître: c'est sa division qui le représente. Il opère ainsi le quart de tour nécessaire au discours de l'hystérique. Le S barré n'est plus sous le S1, il se présente comme tel. Il demande au maître, en position d'Autre, que du savoir soit produit. Le maître sait.
S barré -> S1 sur S2.

C'est ainsi que commence toute analyse. Mais la demande de ce S barré va dans le sens du discours de la science: il faut que du savoir soit produit.
Au lieu de répondre à cette demande, par exemple d' Elisabeth von R., Freud dit qu'il ne peut donner d'éclaircissement avec la démarche jusqu'ici adoptée dans les sciences. Il déplace à nouveau le S barré et le met au travail en place d'analysant:
a -> S barré

Ce nouveau quart de tour institue le discours de l'analyste. C'est le S barré qui doit apporter le savoir, mais pas celui que le sujet hystérique aurait voulu faire dire à Freud. En pivotant, les termes reçoivent des usages différents. Dans le discours de l'analyste il s'agit d'un savoir dans cette position où il est marqué de vérité:
a sur S2 -> S barré sur S1
Le maître doit accepter d'être dans une autre position pour que la vérité se noue. "C'est lui, l'analyste, qui est le maître (...)sous la forme "a". C'est de son côté qu'il y a savoir (... ) Seulement ce n'est pas le même savoir" ( Lacan. L'envers de la psychanalyse, Seuil, p.38). L'analyste est le maître. Ce point est parfois oublié; il permet d'éviter des simplifications. La place nouvelle pour le savoir correspond à la découverte du savoir qui ne se sait pas: le S2 va être révélé comme savoir du sujet divisé S barré . "Je ne sais pas," dit l'hystérique indiquant par là son savoir insu. "Je l'ignorais ou plutôt je ne voulais pas le savoir" répond Lucy R. à Freud à propos de ses sentiments pour son patron. "Je n'ai jamais disposé d'une autre et meilleure description de cet état singulier où le sujet sait tout sans le savoir," note Freud. Là où est le savoir, là où je pense, là où sont les pensées de l'inconscient, je ne suis pas . C'est le cogito psychanalytique de l'hystérique. Il y a bien les pensées de l'inconscient (c'est la différence avec l'obsessionnel, qui lui est au lieu du je ne pense pas ), mais je n'y suis pas.
Ainsi Dora avec ses rêves.

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Ce "je ne suis pas" se traduit dans le discours de l'hystérique par la place du savoir: il n'est pas en position de vérité. Le savoir demandé, de type scientifique, n'est pas le bon.
S barré sur a -> S1 sur S2
La réponse ne peut être apportée que dans le discours de l'analyste. La vérité sera faite de tout ce qui a aliéné le sujet aux S 1 qui le représentent:
a sur S2->S barré sur S1(S1,S1...)
Mais ce savoir n'est pas à rechercher en lui-même à tout prix: il reste dans les limites des effets de vérité qu'il permet, et reçoit ainsi la marque de la castration. La bioéthique est à situer dans ce registre, qui n'est pas celui de la science, lequel est plus proche du discours de l'hystérique. La vérité ne pourra être toute dite. Le savoir de la différence sexuelle est un savoir troué, S(A barré) . Le S1 qui va chuter (par exemple l'odeur d'entremets brûlé, puis celle de cigare pour Lucy R.) sera toujours comme Achille derrière la tortue de la vérité, S(A barré) . Toujours quelque chose manquera: à nouveau il faudra un S1, encore et encore: c'est le sujet hystérique qui nous le montre quand il est mis au travail dans le discours de l'analyste.
L'importance du père dans la division du sujet et dans l'écriture du discours du maître sont mis au premier plan:
S1 sur S barré --> S2 sur moins petit phi sur a
N d P  S(A barré) sur Désir de la Mère

L'hystérique pose la question de son "existence ineffable et stupide" en fonction du discours au lieu de l'Autre, l'inconscient de son père. Qu'est-ce qu'une femme fait, pour ce qui est de la jouissance, avec un homme? La séduction par le père, à laquelle Freud avait cru un moment, correspond à cette phrase que toute fille, pour trouver son assise, doit avoir entendue dans l'inconscient de son père: "tu auras un enfant de moi". C'est ce qui permettra plus tard à cette fille d'avoir un enfant d'un autre homme.
L'hystérique a décidé de la mort du père puisque c'est ce qui témoigne de ce qu'il jouit d'elle (Dora).
Faute d'avoir le père, elle choisit de l'être: l'identification fait I"'armature" de ce sujet. C'est la toux de Dora où la chute du "a" oral accompagne le prélèvement du S2. L'hystérique écrit le discours du maître et réalise la conjonction S2-S1, permettant la chute du "a". Le maître n'est pas mis au placard comme chez l'obsessionnel. L'importance du sexuel et donc l'objet de l'insu, Freud l'apprend de l'hystérique: la castration signifie qu'il n'y a pas de rapport sexuel. Emmy von N. le donne à entendre par un claquement de langue qu'elle introduit dans son discours. Freud se renseigne et on lui répond que ce son est produit lors de l'accouplement par les coqs de bruyère de sa région. Emmy fait ainsi savoir qu'on ne peut ni nommer ni dire le rapport sexuel chez l'être parlant. On peut seulement en faire entendre quelque chose.

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En ce lieu du père précisément, où il y a le corps des signifiants, au lieu de l'Autre qui permet aux signifiants de prendre sens (S2, NdP) il n'y a rien sur le rapport entre les sexes, et pas non plus de signifiant pour dire ce qu'est une femme ni que la femme existe. C'est le drame de Dora.

Insatisfaite par sa mère, elle le sera donc aussi par son père. Elle fera avec un désir insatisfait. Dans la structure le père ne peut répondre à sa fille. Il y a un sexe, et l'Autre sexe, mais ça ne fait pas deux sexes, et ça ne fait pas non plus un seul sexe. Il y a un réel de la différence sexuelle et un phallus qui permet de différencier les deux côtés - car le phallus est du côté homme mais il faut qu'il ait été connu par le sujet pour que S(A barré) puisse s'écrire côté femme. De même il y a l'Autre du langage, de la parole, et l'Autre de la jouissance, mais ça ne fait pas deux Autre, et ça ne fait pas non plus un seul Autre. Ou encore, si on considère la jouissance Autre chez les mystiques, "on voit que ça ne fait pas deux Dieu, mais que ça n'en fait pas non plus un seul" (Lacan, Encore, Seuil, p.71; voir aussi p.77 sur le Dieu d'Aristote).

L'hystérique nous apprend que la portée des discours ne peut être bien saisie que s'ils sont joints aux formules de la sexuation. C'est ce que le tableau de ces formules permet de prendre en compte: les termes du discours de l'inconscient y sont répartis sur les deux côtés, côté homme et côté femme.

La question de l'hystérique est: qui suis-je? Homme ou femme? Elle ne sait rien de l'Autre sexe. Elle ne veut pas accepter qu'il n'y a pas de signifiant de La femme. Puisque le père ne peut dire ce qu'est une femme, Dora se tourne vers Mme K., la maîtresse de son père: elle doit bien savoir puisqu'elle satisfait ce père. A la manière du paranoïaque, Dora croit à ce A non barré: Mme K. ou la Madone de Dresde. "L'hystérique croit que La femme sait ce qu'il faut pour la jouissance de l'homme"( D'un Autre à l'autre , 18.06.69 ).
Mais si elle y croit, si elle s'adresse à La femme, elle ne peut elle-même se prendre pour La femme. Et elle ne veut pas non plus être La barré femme. Elle refuse d'être le "a" pour l'homme, d'être "asmée", de soutenir le fantasme de l'homme. Je ne suis pas ce "a", je ne suis pas ça. Dora évite les couples. Alors il ne reste plus d'autre solution que de se placer du côté homme, du côté où on peut être castré, où il y a le sujet de l'inconscient: c'est comme tel que le sujet hystérique s'est présenté, comme $, effet de signifiant. L'hystérique veut faire l'homme.

L'hystérique dont le modèle est la femme se présente donc comme $, sujet placé sous le discours du maître, côté homme. C'est ce paradoxe qui a permis à Freud de découvrir et de d'écrire l'inconscient, et de savoir ce qui du côté homme supplée au "pas de rapport sexuel": le fantasme fondamental, cette relation que le sujet a tissée avec le "a" qui vient se placer devant la béance, devant ce qui manque au sein du S(A barré). C'est en tant qu'objet que la femme va soutenir ce fantasme.

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Mais l'hystérique s'emploie à ce fantasme en tant qu'homme: elle "âme" et "âme son âme". Lorsqu'elle aime un homme, elle s'aime elle même. On est du côté du même, côté homme, mais pas comme l'obsessionnel qui ne fait pas avec le désir de l'Autre. Car si l'hystérique refuse d'être "a", elle n'en a pas moins son narcissisme et fait avec la mascarade. En tant que désirable, parce qu'elle est dans la dimension de la castration, elle peut répondre au désir de l'Autre dans le fantasme. Elle doit s'assurer qu'elle est désirable. Lucy a joué de la séduction. Et elle s'effondre quand elle ne peut plus être pour son patron ce "a" qu'elle refuse pourtant d'être...
Si elle fait tout pour s'inscrire du côté homme, elle n'en est pas moins non plus avec sa béance et sa privation; elle a sa relation avec S(A barré), avec la vérité pas toute dite. Elle nous a appris à "écrire" le côté homme et le discours du maître, mais elle nous apprend aussi qu'on peut "écrire" une femme. Elle fait savoir que nul n'échappe à la castration. Le pénis n'est pas un phallus, il est marqué de détumescence au moment de la jouissance. L'hystérique met en question le phallus comme falot (Lacan) et veut quelque chose qui ne soit pas du semblant. En fait de jouissance, elle fait supposer à son partenaire qu'il ne la possède pas toute parce qu'il y a une autre jouissance qu'elle se garde pour elle-même. C'est ce qu'indique le "a" caché sous le $ dans le discours de l'hystérique:
S barré sur a -> S1 sur S2
Si la femme naît châtrée, ce n'est pas une castration mais une privation, dans le registre du réel. Y aurait-il un inconscient pour elle, demande Lacan, si elle ne faisait pas l'homme? I1 n'y a pas de surmoi du côté femme, dit Freud.

II est vrai que tout sujet, garçon ou fille, est confronté, en tant que S barré, à ce vide qui occupe la place de l'objet perdu, au désir de la mère, à son propre vide "qui le creuse lui-même puisqu'aucun signifiant ne peut le représenter". Mais la fille est confrontée toute sa vie à ce vide d'une façon très particulière, car il n'y a de signifiant de la femme ni chez la mère ni chez le père. II lui faudra prendre appui sur le phallus du côté homme pour que S(A barré) puisse s'inscrire du côté femme, mais puisqu'il n'y a pas de signifiant de la femme, elle n'a pas de signifiant à refouler. Pour elle, il reste de l'innommable. Elle n'est pas du côté de l'inconscient. Ce S(A barré), sans lequel le S2 ne peut s'écrire ni le S1 représenter le sujet, "ce n'est pas rien que ce soit du côté femme qu'on le trouve."
Donc même si comme sujet divisé, du côté homme, elle se sait castrée, l'hystérique ne sera pas toute dans cette castration, pas toute dans le discours du maître.
C'est ce "pas tout" qui fait saisir comment le discours, par l'insu, renvoie à ce qui est hors discours, ce vide dont le signifiant est S(A barré).
Comment l'hystérique se débrouille-t-elle avec le S(A barré)? Solange Faladé évoque les anorexiques et fait un parallèle avec Marie d'Egypte telle qu'elle nous est présentée dans le roman de Jacques Lacarrière. Cette prostituée qui a pleinement connu la jouissance phallique quitte la compagnie des hommes et recherche dans le désert une jouissance Autre, jouissance de tout le corps, au contact du vent, du soleil, du sable, face au vide, au rien. Elle confronte ce que de désert elle porte en elle (en tant que S barré) avec ce vide, là où l'horizon se confond avec le ciel.

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Ce rien à l'horizon, elle le bouche avec le regard. Elle pose les restes de jouissance sur ce qu'elle ne peut pas voir. Portée par un désir sans demande phallique, un pur désir, désir de mort, entre deux morts, elle jouit jusqu'à en mourir. De cette jouissance radicalement Autre, on ne peut dire presque rien, mais elle se vit, elle est ressentie, et on peut en entendre quelque chose.
Les anorexiques, elles aussi, veulent jouir le plus longtemps possible. Le sexe n'est pas absent, mais il est vécu différemment car les règles ne sont pas là. Parce que sa première expérience de la jouissance en ce lieu a été insatisfaisante, l'hystérique nous reconduit d'une autre manière encore à ce vide de la Chose, lieu de l'objet perdu.
Dans ses crises et ses attaques, elle tente de s'assurer de ce qui a été alors vécu. Elle ne s'emmure pas comme l'obsessionnel pour éviter ce lieu; elle fait avec la "barrière naturelle" (Lacan) du principe de plaisir et du narcissisme, pour à son abri retrouver ce plaisir tout en s'en défendant.
Elle nous permet de faire retour à notre point de départ: la place du père. C'est lui qui nomme la Chose, et ce lieu garde ainsi toute la vie une importance dans le comportement du sujet parlant. La loi double la "barrière naturelle": principe de plaisir et imaginaire trouvent sens par l'interdit. En s'identifiant au père, le sujet peut donner toute sa mesure à la Chose, et les identifications qui suivront ont aussi à voir avec elle. C'est à partir d'elle que se met en place le symbolique. L'hystérique le fait savoir. Dora s'effondre quand elle se sent lâchée par son père. D'où les constructions persécutives qu'elle présente alors et qu'on pourrait croire psychotiques, mais qui montrent seulement que du côté femme il n'y a pas de Nom du Père.

Donc l'hystérique permet de saisir ce qu'est le désir (désir de l'Autre et désir insatisfait) et la jouissance (phallique mais aussi Autre): ces deux points la séparent tout-à-fait de l'obsessionnel.
Elle permet de saisir que, dans son articulation, le discours renvoie à une altérité, une béance, un vide. un manque qui rend possible une jouissance dont on ne peut rien dire: c'est cela la castration. Par sa jouissance phallique l'homme est confronté à ce dont il manque, cette jouissance Autre. La femme doit accepter de ne pas simplement avoir la jouissance phallique, mais d'aller jusqu'à cette jouissance Autre et c'est ce qui fait problème pour elle.
C'est à ce point que conduit l'analyse lorsqu'à son terme, tous les S1 ayant chuté, quelque chose du fantasme peut être traversé.

Partie de la considération des discours, Solange Faladé nous conduit vers une clinique qui prend en compte la relation à la Chose(1). Du savoir insu au vide de la Chose, tel est le chemin que nous proposent ces deux séminaires.

(1)Cf.
Autour de la Chose, séminaire inédit 1993-1994.
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