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Journées Provinciales

LA JOUISSANCE

Besançon, 3 et 4 octobre 2026

3 et 4 octobre 2026
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Espace Gramont, 20 rue Megevand, 25000 Besançon
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Les 3 et 4 octobre, les journées d’automne se dérouleront, pour la quatrième fois, à Besançon. Certains d’entre vous ont déjà eu le plaisir de découvrir cette belle ville et j’invite celles et ceux qui ne la connaissent pas à venir dans « la capitale du temps » surnommée ainsi en référence à sa tradition horlogère (les montres LIP) mais aussi surnommée « La cité verte » ou « La capitale de la biodiversité » titre obtenu en 2018 pour sa conception et gestion écologique des espaces de nature.
Pour ces journées, le thème retenu est celui de « La Jouissance ». Je l’ai retenu afin de cerner un peu plus ce signifiant qui fait partie de notre langage courant mais n’apparaît pas toujours très bien défini ni articulé. Si nous voulons définir « la jouissance » comme un concept, il apparaît tout de suite qu’elle n’est pas un concept freudien au sens où Freud met l’accent sur le désir inconscient, le plaisir et l’« Au delà du principe de plaisir », la répétition, la réaction thérapeutique négative, la pulsion etc... C’est Lacan qui en proposant une relecture des textes freudiens, va, à partir du plaisir et au fil de sa théorisation, introduire la jouissance qui deviendra centrale au point d’infléchir la pratique analytique.
Il est évident et dans l’après coup de l’apport de Lacan que la jouissance se repère dans l’œuvre de Freud. Lacan n’a jamais fait un séminaire dédié à la jouissance, à priori faute de temps et semble l’avoir regretté. A ma connaissance le terme de jouissance apparaît pour la première fois dans les Écrits de 1966 dans l’article de 1950 « Fonction de la psychanalyse en criminologie ». A cette période, la jouissance y est située comme relevant du champ imaginaire : « A l’aveu que nous recevons du névrosé ou du pervers de la jouissance ineffable qu’ils trouvent à se perdre dans l’image fascinante, nous pouvons mesurer la puissance d’un hédonisme, qui nous introduira aux rapports ambigus de la réalité et du plaisir. » Avec le séminaire sur « L’éthique de la psychanalyse » et l’article « Subversion du sujet et dialectique du désir », la jouissance sera mise en lien avec le symbolique et déplacée vers le réel : « Ce à quoi il faut se tenir, c’est que la jouissance est interdite à qui parle comme tel, ou encore qu’elle ne puisse être dite qu’entre les lignes pour quiconque est sujet de la Loi, puisque la Loi se fonde de cette interdiction même. La loi en effet commanderait-
elle : Jouis, que le sujet ne pourrait y répondre que par un : J’ouïs, où la jouissance ne serait plus que sous-entendue. Mais ce n’est pas la Loi elle-même qui barre l’accès du sujet à la jouissance, seulement fait-elle d’une barrière presque naturelle un sujet barré. Car c’est le plaisir qui apporte à la jouissance ses limites, le plaisir comme liaison de la vie, incohérente, jusqu’à ce qu’une autre, et elle non contestable, interdiction s’élève de cette régulation découverte par Freud comme processus primaire et pertinente loi du plaisir. » (« Subversion…. », Écrits, page 821).
Le réel échappant de plus en plus à la symbolisation faisant du sujet de l’inconscient non plus seulement un être de langage, un être de non étant, mais aussi un être de jouissance. Allant de la jouissance phallique, entre réel et symbolique, à la jouissance de l’Autre, entre réel et imaginaire, nous aurons sans doute à évoquer la jouissance au regard des différentes structures, la jouissance comme impossible, la jouissance de l’Autre, l’Autre jouissance, la jouissance du symptôme, la jouissance de la parole, la jouissance du corps, le plus de jouir, l’objet petit a, etc…
Je vous souhaite par avance la bienvenue à Besançon et j’espère que ce thème proposé pour cette quatrième édition saura vous inspirer.
Nous nous réunirons à l’espace Gramont, 20 rue Mégevand, situé dans le centre de Besançon (dans la boucle, comme on dit ici), niché au creux d’un méandre de la rivière Doubs. Vers la fin août, vous recevrez tout ce qui concerne la partie hôtellerie et très important, la date limite d’inscription pour les repas ainsi que la date limite pour proposer vos interventions que j’espère nombreuses et enthousiastes.

Patrick HERBERT